home

search

PREMIER CONTRAT

  Lise est partie depuis neuf jours , ?a va faire neuf putains de jours que je n’ai pas vu ma femme .

  Je me suis réveillé seul dans notre lit ce matin. Son c?té était froid, elle me manquait. On s'était mariés il y a trois semaines , la nuit de noces avait été…. parfaite et les jours qui avaient suivi aussi. Dormir et se réveiller ensemble , partager nos repas ensemble , discuter, la faire rire , bref… tout était parfait . Mais bon l'amour ne paye pas les factures.

  Lise était partie à Havreblanc il y a neuf jours pour ses affaires personnelles. Elle devait faire un tour dans ses boutiques de textile, voir des fournisseurs et des clients.

  Pendant ce temps, je gérais la distillerie.

  Matthias et Klaus travaillaient bien. Avec eux on avait soixante litres d'alcool par semaine soit Quatre-vingts bouteilles pour deux cents couronnes de revenus hebdomadaires.

  Huit cents couronnes de revenus total par mois , les affaires allaient bon train . Mais je m'emmerdais sans elle.

  Gregor entra dans la distillerie en milieu de matinée.

  ? Monseigneur, ? dit-il. ? Une diligence arrive. ?

  Mon c?ur bondit, c'est Lise.

  J’ai tout laché et je suis sorti en courant. La diligence s'arrêta devant le manoir et quand la porte s'ouvrit , elle descendit.

  Elle était fatiguée avec des cernes sous les yeux et les cheveux légèrement défaits. Mais elle souriait.

  ? Alaric ! ?

  Je me suis jeté dans ses bras et on s'est embrassés devant Gregor, Mathias, Klaus, tout le monde quoi .

  On s'en foutait.

  ? Tu m'as manqué, ? ai-je murmuré contre ses lèvres.

  ? Toi aussi. ?

  ? Comment ?a s'est passé ? ?

  Elle se recula et me regarda avec des étoiles dans les yeux.

  ? Très bien. Très, très bien. ?

  ? Raconte-moi. ?

  ? Pas ici. ? Elle jeta un coup d'?il aux domestiques qui nous observaient. ? Allons dans ton bureau, j'ai des choses à te montrer. ?

  On s'installa dans le bureau, Lise ferma la porte et sortit des papiers de sa sacoche. il y’avait des lettres, des contrats et des échantillons de tissu.

  ? Alors, ? commen?a-t-elle en posant tout sur la table. ? à Havreblanc, mes boutiques vont bien. J'ai vendu du stock et négocié avec des fournisseurs, la routine quoi ?

  ? D'accord. ?

  ? Mais…. ? elle s'assit et me regarda intensément. ? J'ai découvert quelque chose d'énorme. ?

  ? Quoi ? ?

  ? Une opportunité dans le textile. ?

  J’ai froncé les sourcils. ? Le textile ? Mais tu fais déjà du textile. ?

  ? Oui. Je vends du tissu . De la soie, de la laine, du lin etc., mais je ne le produis pas moi-même. là plupart du temps je l'achète à des producteurs. ?

  ? Et alors ? ?

  ? Alors, il y a un problème. ? Elle sortit un échantillon de tissu il était gris, grossier avec plein de défauts.? Regarde ?a ,c'est ce que mes fournisseurs actuels me livrent. ?

  Je pris l'échantillon et le tourna dans mes mains.

  C'était vraiment de la merde. le tissage est irrégulier, la couleur est fade, la texture rugueuse. On aurait dit qu'un aveugle l'avait fait.

  ? C'est... pas terrible, ? dis-je diplomatiquement.

  ? C'est de la merde, ? dit Lise sans détour. ? Et c'est tout ce qu'il y a sur le marché en ce moment. ?

  ? Pourquoi ? ?

  ? Les deux plus gros producteurs de lin à Havreblanc ont fait faillite l'année dernière, pour cause d’inondations et de récoltes détruites. Du coup, la demande explose et l'offre est ridicule. ?

  Elle sortit un autre document. Un parchemin avec des chiffres.

  ? J'ai rencontré un marchand, un ma?tre de guilde Tomas Verlaine. Il dirige un consortium de marchands qui fournissent toute la Confédération d'Ost. Il cherche désespérément des draps de qualité. ?

  ? Et il n'en trouve pas ? ?

  ? Non regarde. ? Elle me montra les chiffres. ? Il vend actuellement des draps de cette qualité…. ? Elle tapota l'échantillon merdique. ? …à quatre-vingts sols pièce. Et il en vend quand même parce qu'il n'y a rien d'autre. ?

  Quatre-vingts sols , presque une couronne.

  Pour de la merde.

  ? Et s'il avait de la qualité ? ? demandai-je.

  ? Dans ce cas c'est une couronne pièce minimum. Peut-être plus. ?

  Je réfléchis.

  ? Lise... pourquoi tu me racontes ?a ? ?

  Elle me regarda avec des yeux déterminés.

  ? Je veux qu'on produise ces draps ensemble. ?

  J'ai cligné des yeux.

  ? Quoi ? ?

  ? Toi et moi. On crée une manufacture textile, ici sur le domaine. ?

  ? Lise, je fais de l'alcool je ne m'y connais pas en textile. ?

  ? Je sais. ?

  ? Alors pourquoi... ? ?

  ? Parce que le textile, c'est MON domaine. ? Elle se pencha. ? J'ai passé ma vie dans le commerce textile. Je connais les marchés, les clients , les prix et tout le tatouin . Mais…. ?

  ? Mais quoi ? ?

  ? Mais je ne sais pas produire, mes boutiques se contentent de vendre.? Elle posa sa main sur la mienne. ? Toi, tu es intelligent et tu résous les problèmes . Tu as transformé l'agriculture du domaine, tu as créé de l'alcool de qualité exceptionnelle alors que personne ici ne savait distiller. ?

  ? Ce n'est pas la même chose. ?

  ? Si. C'est exactement la même chose. ? Elle me fixa. ? Le textile, c'est de l'ingénierie ,du tissage et de la mécanique pour les métiers. C'est exactement ton domaine. ?

  ? Je ne connais rien au tissage. ?

  ? Tu apprendras, comme tu as appris la distillation. ?

  J'ai soupiré.

  ? Lise... ?

  ? écoute moi. ? Elle serra ma main. ? Cette opportunité est énorme. Verlaine veut cent draps par mois pour commencer, avec un échantillon de 10 draps dans les six prochaines semaines.Si la qualité est bonne, il montera à cinq cents et ensuite mille. ?

  Mille draps par mois , pour une couronne la pièce, ?a fait mille couronnes par mois.

  ? Putain, ? murmurai-je.

  ? Exactement. ? Elle sourit. ? En plus de l'alcool, ?a fait neuf cents couronnes par mois au minimum. Peut-être mille huit cents si on monte en production. ?

  Mille huit cents couronnes par mois.

  C'était...

  ? C'est énorme, ? dis-je.

  ? Oui. ?

  ? Mais Lise…. Tu m'as dit qu'il veut des échantillons en six semaines. ?

  ? Oui. il veut dix draps pour tester la qualité et si ?a passe, il signe un contrat de six mois. ?

  ? Dix draps en six semaines. ?

  ? Oui. ?

  Je me suis levé pour faire les cent pas.

  Le textile.

  J’ai essayé de fouiller dans mes souvenirs et mes connaissances . je connaissais diverses choses là dessus mais ce n'était que des concepts , le flying Shuttle , la spinning jenny ou même le Water frame , mais je n’ai jamais fabriqué cela moi même .

  Ensure your favorite authors get the support they deserve. Read this novel on the original website.

  Bon, La science est la science. Si je comprenais les principes, je pouvais construire un système.

  ? D'accord, ? dis-je en me retournant.

  Lise cligna des yeux. ? Vraiment ? ?

  ? Oui. On essaie. ?

  ? Tu es s?r ? ?

  ? Non mais quand est-ce que j'ai été s?r de quoi que ce soit ? ? Je souris. ? faisons équipe. Toi, tu gères le commerce et moi, je gère la production. ?

  Elle se leva et se jeta dans mes bras.

  ? Merci. ?

  ? De quoi tu me remercies? ?

  ? Merci d'avoir confiance en moi. ?

  ? Lise, c'est toi qui a confiance en moi. ?

  ? On a confiance l'un en l'autre. ? Elle m'embrassa. ? C'est pour ?a qu'on va réussir. ?

  Le lendemain matin, j’ai convoqué Gregor.

  ? Gregor, il y a des métiers à tisser dans le domaine ? ?

  Il fron?a les sourcils. ? Des métiers à tisser, monseigneur ? ?

  ? Oui. Pour faire du tissu, du lin. ?

  ? Euh... ? Il réfléchit. ? Je crois qu'il y en a un vieux dans la grange. Mais il doit avoir... trente ans ? non.. Quarante ans ? Il n'a pas servi depuis la mort de la mère de votre mère . ?

  ? Montre le moi. ?

  On est allé à la grange et au fond, sous une bache poussiéreuse, il y avait effectivement un métier à tisser.

  il était vieux en bois.

  ? ?a marche encore ? ? demandai-je.

  ? Aucune idée, monseigneur. ?

  Je me suis approché pour enlever la bache, la poussière était si épaisse, à m'en faire tousser

  Le métier était là , avec son cadre en bois, les pédales, la navette, les fils de cha?ne encore en place, cassés et pourris.

  ? On va le réparer, ? dis-je.

  ? Vous savez tisser, monseigneur ? ?

  ? Non mais je vais apprendre. ?

  Gregor me regarda comme si j'étais fou.

  ? Et comment vous comptez apprendre ? ?

  ? En faisant bien sur . ? J’ai touché le cadre, il était solide. ? Le bois est encore bon. Il faut juste le nettoyer un peu, ensuite remplacer les fils et huiler les pièces mobiles. ?

  ? Et après ? ?

  ? Après, je vais tisser. ?

  Les trois jours suivants furent…. difficiles. J'ai démonté le métier pièce par pièce, histoire de comprendre chaque mécanisme.

  Le principe du tissage est simple, cela repose sur le passage répété d'une navette, transportant le fil de trame entre les fils de cha?ne qui s'ouvrent et se referment pour créer la matière. c'etait simple en théorie mais chiant en pratique.

  Le métier était très lent.

  Chaque mouvement prenait du temps. il fallait lever les pédales pour séparer les fils de cha?ne, passer la navette, tasser le fil avec le battant et recommencer.

  Encore, et encore, et encore.

  Après trois jours, j'avais produit... un drap.

  Un seul et il était merdique. Le Tissage était irrégulier y’avait des trous et des bords qui frisaient.

  ? génial ? marmonnai-je en le regardant.

  Lise entra dans la grange et s'arrêta pour regarder le drap.

  ? C'est... ? commen?a-t-elle.

  ? De la merde, dis-le. C'est de la merde. ?

  ? ...un début, ? finit-elle diplomatiquement.

  ? Un début catastrophique, oui. ?

  ? Mais c'est ton premier. ? Elle s'approcha, prit le drap et l'examina. ? Le principe est là et la structure est aussi, C'est juste... ?

  ? Mal fait. ?

  ? Imparfait. ? Elle sourit. ? Mais ?a s'améliore mon chéri. ?

  ? On a six semaines, à ce rythme, je vais produire douze draps dont aucun de qualité vendable. ?

  ? Alors il va falloir accélérer. ?

  ? Et comment je fais ?a ? ?

  ? Moi je ne sais pas. ? Elle me regarda. ? Mais au fond de toi, tu le sais. ?

  J'ai soupiré, elle avait raison.

  Le problème était évident. C'était trop manuel et beaucoup trop lent à mon go?t .

  Il fallait optimiser.

  ? Gregor ! ? appelai-je.

  Il entra. ? Oui, monseigneur ? ?

  ? J'ai besoin de matériel. Du bois ,des cordes, des poulies si tu en trouves et des ressorts. ?

  ? Des ressorts, monseigneur ? ?

  ? Oui du métal flexible pour stocker de l'énergie mécanique. ?

  Il me regarda, perplexe.

  ? Je... je vais voir ce que je peux faire. ?

  ? Fais vite. ?

  Une semaine plus tard, j'avais construit une amélioration.

  Un système de poulies reliées aux pédales.

  Quand j'appuyais, les poulies levaient automatiquement les fils de cha?ne.

  ?a libérait mes mains et Je pouvais passer la navette plus vite.

  Résultat, mon temps de production fut divisé par deux.

  J'ai produit quatre draps cette semaine là de qualité… moyenne.

  C'était mieux que le premier, mais pas encore vendable.

  ? Continue, ? dit Lise en examinant un drap. ? Tu progresses. ?

  ? Oui mais pas assez vite. ?

  ? Tu vas y arriver. ?

  Deuxième semaine.

  J'ai embauché de l'aide. Il y avait une vieille femme dans le village ,madame Hilde une ancienne tisserande de soixante-dix ans .

  Elle avait travaillé pour la mère d'Alaric, il y a des décennies.

  Gregor l'amena.

  ? Madame Hilde, ? dis-je quand elle entra dans la grange. ? J'ai besoin de vos connaissances. ?

  Elle regarda le métier amélioré et haussa un sourcil.

  ? Qu'est-ce que vous avez fait à ce pauvre métier, monseigneur ? ?

  ? Des améliorations. ?

  ? On dirait un monstre. ?

  ? Un monstre qui marche deux fois plus vite. ?

  Elle s'approcha pour tester les pédales et les poulies.

  ? Hm. ? Elle toucha les cordes. ? Ingénieux , bizarre mais ingénieux. ?

  ? Vous pouvez m'apprendre à tisser correctement ? ?

  ? Vous ? Un noble ? ?

  ? Oui. Moi , je suis un noble qui a besoin d'apprendre. ?

  Elle me regarda longtemps , puis sourit.

  ? D'accord. Mais vous m'écoutez et vous faites exactement ce que je dis. ?

  ? Promis. ?

  Hilde était impitoyable.

  ? Non ! Pas comme ?a ! Le fil doit être tendu ! TENDU ! ?

  ? Il est tendu ! ?

  ? C'est mou comme une nouille ! Recommencez ! ?

  ? Putain... ?

  ? Et arrêtez de jurer ! ?a fait vibrer vos mains et ?a déforme le tissage ! ?

  Mais elle savait ce qu'elle faisait.

  En trois jours, sous sa supervision tyrannique, j'ai produit six draps de qualité correcte.

  ? Vous progressez, ? admit elle. ? comme un escargot mais vous progressez. ?

  ? Merci pour le compliment. ?

  ? C'était pas un compliment. ? Elle examina un drap. ? Maintenant, il faut améliorer la finition. ?

  ? Comment ? ?

  ? tu dois faire le trempage le blanchiment et le battage. ?

  ? ce qui veut dire. ?

  ? tu trempes les draps dans l'eau calcaire durant quarante-huit heures, ?a renforce les fibres. Apres tu les sèches au soleil et tu les bats avec un maillet pour assouplir. ?

  J’ai noté tout ?a mentalement.

  Troisième semaine.

  J'ai optimisé le processus chimique. De l'eau calcaire avec une température contr?lée à environ 25°C. Le pH ajusté avec des cendres de bois pour une alcalinité légère pendant quarante-huit heures exactement.

  Résultat, des fibres plus blanches, souples et résistantes.

  Le séchage au soleil prenait deux jours et après je battais les draps avec un maillet en bois.

  Cinq cents coups par drap pour assouplir les fibres et ?a rendait bien.

  Vraiment bien.

  ? C'est vendable, ? dit Lise en examinant un drap.

  Elle le tenait à la lumière, le fit tourner et toucha la texture.

  ? Tu es s?re ? ?

  ? Oui regarde. ? Elle le compara à l'échantillon merdique de Verlaine. ? Le tissage est régulier, la couleur est uniforme et la texture est douce. C'est dix fois mieux. ?

  ? Bien Il en faut dix maintenant . ?

  ? Combien t'en as ? ?

  ? S de qualité vendable. ?

  ? Il reste deux semaines. ?

  ? Je sais. ?

  La quatrième semaine, je n'ai presque pas dormi. Gregor m'apportait de la nourriture que je mangeais en tissant. Lise venait me tenir compagnie le soir. Hilde supervisait, impitoyable comme toujours. Mais je tissais jour et nuit avec le métier amélioré qui tournait en continu.

  ? Allez, monseigneur, ? disait Hilde. ? Encore un passage, puis un autre. ?

  ? Je suis crevé. ?

  ? Et alors ? Vous voulez réussir ou pas ? ?

  ? Oui. ?

  ? Alors bougez vous. ?

  au premier jour de la cinquième semaine , le dixième drap était enfin terminé.

  Je me suis effondré sur une chaise, épuisé.

  ? C'est fini, ? ai-je murmuré.

  Lise entra dans la grange et regarda les dix draps pliés sur la table parfaitement alignés.

  Elle sourit.

  ? Ils sont magnifiques. ?

  ? Vraiment ? ?

  ? Vraiment. ? Elle en prit un et l'examina à la lumière. ? Verlaine va adorer. ?

  ? J'espère. ?

  ? J'en suis s?re. ?

  Elle se pencha et m'embrassa.

  ? Repose toi. Demain, je pars pour Havreblanc. ?

  ? Déjà ? ?

  ? Oui, il n'y'a pas de temps à perdre. Il nous reste une semaine de marge et je veux arriver en avance. ?

  ? D'accord. ?

  Elle caressa mes cheveux.

  ? Tu as réussi, ? murmura-t-elle. ? Encore une fois. ?

  ? On a réussi. ?

  ? Oui. On. ?

  Lise partit le lendemain matin avec les dix draps ,soigneusement emballés dans du tissu protecteur.

  ? Souhaite-moi bonne chance, ? dit-elle avant de monter dans la diligence.

  ? Bonne chance. ?

  ? Je reviens dans une semaine maximum. ?

  ? J'attendrai. ?

  Elle m'embrassa d’un baiser chaleureux longtemps, puis monta dans la diligence.

  Je suis resté là devant le manoir, regardant la voiture s'éloigner.

  Gregor s'approcha.

  ? Vous pensez qu'elle va réussir, monseigneur ? ?

  ? Je ne sais pas. ?

  ? Vous avez fait du bon travail. ?

  ? J'espère que ce sera suffisant. ?

  Une semaine d'attente.

  La plus longue de ma vie.

  Je suis retourné à la distillerie. Matthias et Klaus géraient bien, mais j'avais besoin de m'occuper. J'ai aussi continué à pratiquer le tissage avec Hilde qui continuait de venir .

  ? Il ne faut pas perdre la main, monseigneur. ?

  ? Ouais. ?

  Je produisis quatre draps supplémentaires par précaution. Au cas où Verlaine en voudrait plus, ou s' il voulait comparer.

  le huitième jour à deux heures de l'après-midi, une diligence arriva au galop..

  Mon c?ur bondit , Lise était de retour .

  La diligence s'arrêta dans un nuage de poussière, la porte s'ouvrit et elle descendit avec un immense sourire aux lèvres .

  ? ALARIC ! ?

  Je courus vers elle.

  ? Alors ?! ?

  ? C’EST SIGNé ! ?

  ? Vraiment ?! ?

  ? Vraiment ! ? Elle me sauta dans les bras. ? Verlaine a adoré les draps ! Il a dit qu'il n'avait jamais vu une telle qualité ! Il a signé le contrat IMMéDIATEMENT ! ?

  je la fis tourner.

  ?Yessssssss ! ?

  ? Cent draps par mois pendant six mois ! Pour une couronne pièce ! ?

  Je l’ai serré fort dans mes bras .

  ? On a réussi. ?

  ? Oui. ?

  ? Putain, on a réussi. ?

  Gregor applaudit derrière nous, Hilde aussi, qui était venue voir.

  Matthias et Klaus sortirent de la distillerie, applaudissant.

  ? Félicitations, monseigneur ! ? cria Gregor.

  ? Merci ! ?

  Lise me regarda, avec des larmes de joie.

  ? Tu sais ce que ?a veut dire ? ?

  ? Quoi ? ?

  ? Cent couronnes par mois avec le textile plus huit cents avec l'alcool. ?

  Je fis le calcul.

  ? Neuf cents couronnes par mois. ?

  ? exact. ?

  ? On est riches. ?

  ? Ouiiiiii. ?

  on finit par rire ensemble puis on s'embrassa, devant tout le monde.

  Ce soir-là, on organisa une petite fête avec Gregor, Hilde, Matthias, Klaus, Sorin. tous les gens qui avaient contribué avec au menu du rago?t ,du pain, du fromage des fruits et de l'alcool.

  Hilde raconta des histoires de quand elle tissait pour la mère d'Alaric, histoire dont je faisais semblant de me rappeler .

  Matthias et Klaus nous racontèrent leurs pires ratés en distillation.

  Sorin fit une démonstration de magie avec des petites flammes qui dansaient pendant que Lise et moi, on regardait.

  ? C'est bien, ? murmura-t-elle.

  ? Quoi ? ?

  ? ?a. ? Elle fit un geste vers les gens. ? Cette... famille. ?

  ? Ce n'est pas ce que j'appelle une famille. ?

  ? Bien sur que si, c’est une famille qu'on a choisie. ?

  Je l’ai regardé et elle avait raison.

  Ces gens. Gregor, Hilde, Matthias, Klaus, Sorin.

  Ils n'étaient pas ma famille de sang, mais ils étaient là fidèles et loyaux.

  Et Lise...Lise était mon tout.

  ? Tu as raison, ? dis-je.

  ? Je sais. ? Elle sourit. ? J'ai toujours raison. ?

  ? Menteuse. ?

  ? Peut-être. ?

  On s'embrassa et les gens nous applaudirent.

  Plus tard dans la soirée, Lise et moi, on se retira dans notre chambre.

  Et nous , entourés du vin et des bougies, on fit l'amour avec douceur et tendresse .

  Puis on resta allongés, enlacés.

  ? Alaric, ? murmura-t-elle.

  ? Oui ? ?

  ? On va avoir besoin de plus de tisserands. ?

  ? Je sais. ?

  ? Cent draps par mois, c'est énorme. Tu ne peux pas faire ?a tout seul , même avec Hilde. ?

  ? Combien tu me conseille d'embaucher ? ?

  ? Dix ou peut-être quinze. ?

  ? Et on construit un vrai atelier derrière. ?

  Elle se blottit contre moi.

  ? On est en train de batir quelque chose, tu sais. ?

  ? Petit à petit ?

  ? on batit un empire. ?

  Je ris doucement.

  ? C'est un grand mot. ?

  ? Mais c'est vrai. de l’alcool, du textile de l'agriculture. Qu'est-ce qui sera le prochain ? ?

  ? Je ne sais pas encore. ?

  ? Tu trouveras. ? Elle m'embrassa. ? Tu trouves toujours. ?

  Je l’ai serré contre moi .

  Faire un empire ,peut-être. Mais ce que je veux c’est surtout…. une vie.

  Une deuxième vie qui vaut vraiment la peine d'être vécue.

  Cette nuit-là, j'ai écrit dans mon journal.

  Journal. Jour 195.

  Lise est revenue de Havreblanc. On a un contrat signé avec Verlaine, de Cent draps par mois pour une couronne pièce.

  Cent couronnes par mois en plus des huit cents de l'alcool pour Neuf cents couronnes par mois au total.

  Il y a six mois, j'avais cent cinquante couronnes de dettes et maintenant, je suis riche.

  Enfin, relativement...J'ai appris le tissage en cinq semaines.

  C'était dur,mais j'ai réussi avec l'aide de Lise, Hilde et Gregor.

  Maintenant, on a deux sources de revenus. Alcool et textile.

  notre empire grandit .Lentement mais s?rement.

  Et Lise…. est à mes c?tés. Ma femme, Ma partenaire, Ma raison de continuer.

  Cette deuxième vie devient de plus en plus belle.

Recommended Popular Novels