Chapitre 5 – L’Hermite
I
Edvard ouvrit les yeux. Il se tenait dans une maison. Les murs et le sol étaient en bois. Un foyer se trouvait au centre avec une marmite suspendue au-dessus. Il y avait des meubles dans la batisse, allant de l’armoire aux commodes en passant par les étagères. Des herbes et de l’ail étaient suspendus à proximité du foyer. Il y avait deux lits dans l’unique pièce. Deux portes se trouvaient sur deux des murs.
- ? Je ne m’attendais pas à de la visite. Je vois que le cristal m’a envoyé quelqu’un. ? dit une voix grave dont le son était apaisant.
Edvard se retourna et vit un erdoss. L’étrange vulpin était légèrement plus grand que lui. Il avait la fourrure gris clair et les yeux violets. Il était vêtu de vêtements humbles. Il avait une carrure qui mélangeait celle d’un b?cheron et d’un forgeron. Il fallut un moment à Edvard pour reconna?tre cette figure légendaire mentionnée dans les Journaux d’Iphrine. C’était Horakio, le tout premier dieu du monde. Edvard ressentit en lui un profond respect envers ce dieu et se sentit comme un enfant insignifiant comparé à cet être légendaire.
Edvard commen?a à s’incliner mais l’erdoss l’attrapa avec délicatesse.
- ? Pas de ?a avec moi, jeune homme. Appelle-moi juste Horakio. Tu peux me tutoyer. ?
Edvard voulait lui demander pourquoi il se trouvait ici. Cependant, sa curiosité prit le dessus.
- ? êtes-vous… Es-tu vraiment le plus puissant des dieux ? Car si c’est le cas, on aura grandement besoin de vo… ton aide. ?
L’erdoss sourit.
- ? J’ai renoncé à mes pouvoirs divins il y a fort longtemps. Il ne me reste plus que mes pouvoirs de mage. Cependant, les millénaires m’ont appris que je n’en avais pas vraiment besoin pour vivre. Et puis, mes pouvoirs seuls ne sont en fin de compte, pas suffisant pour découvrir l’emplacement de l’anomalie. Cependant, je reconnais en ce mal la signature de deux êtres forts dangereux. La reine divine Zatriel Première : morte, certes. Et celle de la Créatrice : une entité vicieuse et sadique. Cependant, les deux seules choses que je peux faire pour t’aider, c’est te donner des informations et te faire un don. La personne que tu as besoin de trouver s’appelle Issa l’Hermite. Elle vit dans la forêt ancienne. Elle possède de quoi localiser l’anomalie. Avec l’aide du cristal que tu as récupéré, tu pourras deviner l’emplacement de son foyer. Délivre-lui ce cristal, et alors vous pourrez trouver la source du mal qui ronge cette région. ?
- ? Et quel est ce don que vo…tu as mentionné ? ?
- ? Cela. ? Il toucha le front d’Edvard. Un glyphe presque imperceptible apparu à l’endroit où Horakio posa son doigt. Le glyphe ressemblait à une hache de b?cheron croisée d’un marteau de forgeron. ? Tes dieux et Adnama me pardonneront pour ce petit don. Eux qui préfèrent être les seuls à gater leurs fidèles. ? L’erdoss ricana.
- ? Et que fait ce glyphe ? ? demanda Edvard.
- ? ?a, tu le découvriras dans un instant. Il te suffira juste de penser à une arme ou à un outil que tu connais. Je t’aurais bien proposé de discuter un petit peu plus, mais tes amis t’attendent. Allez, réveille-toi, héros. Et que Shygéün garde tes pas. ?
Edvard sentit ses yeux devenir lourds. Ils se fermèrent. Quand il les rouvrit, il se tenait allongé contre un arbre. Elusco remarqua qu’Edvard s’était réveillé. Il tata son pouls et mit sa main contre son front, pour voir s’il n’avait pas de fièvre.
- ? Combien de temps j’ai été inconscient ? ? demanda l’ogre.
- ? Une quinzaine de minute je dirais. Comment te sens-tu ? ? répondit l’elfe.
- ? ?a va, je vais bien. ?
Edvard chercha ses armes et son écu, mais il ne les trouva pas.
- ? Elusco, tu n’aurais pas vu mes armes ? ?
- ? Si elles étaient là à l’instant… attends. Où elles sont passées ? ?
L’elfe chercha autour du camp. Il retourna vers Edvard qui s’était relevé. Edvard ouvrit sa main. Elusco s’apprêta à dire quelque chose lorsqu’il vit la lance d’Edvard appara?tre dans sa main. Le mage était confus. Cependant il ne connaissait pas vraiment l’étendue des pouvoirs du templier, donc il se tut.
Edvard essaya d’invoquer plusieurs armes. Il réussit à invoquer successivement sa lance, sa hache, son écu, son arc de guerre avec des flèches, sa dague, un messer, une masse d’arme et un marteau de guerre. Le fait qu’Horakio en personne lui offre un don de la sorte remplit Edvard d’une grande fierté.
- ? Joli arsenal ! ? dit Aldric, surprit par la quantité d’armes que le templier pouvait invoquer. ? Comment tu fais ?a ? C’est un de tes pouvoirs que t’a conféré les Neufs ? ?
- ? Non. Il vient de m’être donné par Horakio. J’ai eu une conversation avec lui pendant que j’étais inconscient. ? répondit l’ogre.
Aldric et Ricina ne connaissaient pas cet Horakio, mais Elusco si. L’elfe s’abstint de poser des questions sur le premier dieu à Edvard pour l’instant.
Il révoqua toutes ces armes sauf celle qu’il possédait avant l’apparition de cette nouvelle technique. C’est-à-dire sa hache, son arc de guerre, sa lance, son écu et sa dague.
Ils campèrent pour la nuit et ils mangèrent ce qu’ils obtinrent de leurs récoltes et de leurs chasses.
Le lendemain, Edvard leur expliqua sa vision et montra où le cristal le guida : leur nouvel objectif, la forêt ancienne, à l’Est. La carte des moines montrait qu’il y avait des collines non boisées entre la forêt où ils se trouvèrent et la sylve en question.
II
Il fallut au groupe cinq jours de marche pour sortir des collines boisées. Après quoi s’étendaient devant eux des collines brumeuses. Aldric n’aimait pas la forme et la couleur des nuages, cela n’augurait rien de bon. Ils marchèrent deux jours avant de retrouver une route. Suivant les indications du cristal, ils marchèrent deux jours de plus avant de recevoir quelques gouttes de pluie. Pluie qui se transforma en une véritable tempête. Ils purent apercevoir un village caché dans les collines. Un village gnome. Le village était désert. Les habitants qu’ils y trouvèrent n’étant plus que des squelettes. Quel drame s’était joué ici ? Ils réussirent à s’abriter dans une maison et à bloquer les endroits par où pourrait entrer l’eau. Ils y passèrent la nuit à camper. Ils utilisèrent la nourriture séchée encore présente et leurs rations pour se nourrir. Le lendemain matin, ils enterrèrent les corps des habitants qu’ils trouvèrent et prièrent pour leurs ames avant de repartir. Après presque deux semaines de marche, de chasse, de pêche et cueillette, ils finirent par arriver à la forêt ancienne. Les arbres étaient immenses, plus grands que les tours d’un donjon.
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Le groupe marcha pendant encore deux jours dans la forêt. La végétation était dense. Cela permettait à Aldric de chasser avec facilité. Elusco trouva de son c?té des herbes médicinales qui lui serviraient à faire des onguents, des cataplasmes et des remèdes. Ricina aida Aldric à chasser grace à ses talents de frondeuse. Elle réussissait à abattre d’un seul coup des animaux qui se trouvaient à plus de trente pas. Cependant, alors que le groupe marchait dans la direction donnée par le cristal, Elusco s’arrêta brusquement. Il dit à ses alliés de faire de même.
Soudainement, les arbres se mirent à bouger. Trois tréants apparurent devant le groupe. Ces arbres, qui étaient capables de se mouvoir, se mirent à attaquer les aventuriers avec leurs grosses branches qui leur servaient de bras. Aldric bloqua un coup avec son bouclier. Cependant, l’impact de celui-ci lui fit ployer le genou à terre. Elusco dit alors :
- ? Je vais essayer de les raisonner, protégez-moi ! ?
Aldric et Edvard se mirent en position avec leurs boucliers pour protéger leurs confrères. Elusco se mit à parler une langue qui leur était inconnue. Au moment où il pronon?a ces mots, les tréants s’arrêtèrent. Ils parlèrent à leur tour dans cette langue étrange. Leurs voix résonnèrent tout autour du groupe. Après une quinzaine de minutes de discutions, les arbres arrêtèrent de parler et se remirent à leurs emplacements initiaux. Elusco expliqua à ses confrères :
- ? Apparemment, des gobelins s’en sont pris à des arbres anciens pour siphonner leurs forces pour une sorte de rituel. Cela blessa ces arbres et mit dans une colère noire les tréants. Ils croyaient que l’on était du même camp que les gobelins. Ils se seraient ensuite approchés d’une maison en pierre que les tréants considèrent comme sacrée. ?
- ? Une maison en pierre ? J’en voyais une dans ma vision. C’est là où se trouve Issa. Nous devons l’atteindre avant eux ! ? s’écria Edvard.
Les trois compagnons acquiescèrent. Ils avanèrent encore pendant deux jours dans la forêt à marche forcée avant d’atteindre la maison. Ricina demanda à Elusco sur le chemin :
- ? Tu sais parler la langue des arbres ? ?
- ? C’est le langage spirituel. Les fées et les esprits comme les tréants le parlent. ?
- ? Tu connais beaucoup de langage ? ? demanda Aldric.
- ? Plus d’une vingtaine, mais beaucoup se ressemblent. Par contre je connais aussi beaucoup de langues mortes et anciennes. ?
Ses compagnons d’aventures furent impressionnés par cette information. Un traducteur tel qu’Elusco leur serait vraiment utile. Une fois arrivés à leur destination, ils purent apercevoir la fameuse batisse. La maison était principalement en pierres grises et taillées dans une gigantesque fa?ade rocheuse au beau milieu de la forêt.
Cependant, des gobelins se trouvaient autour ; ils étaient incapables d’y entrer. Ils cognaient sur une sorte de barrière multicolore qui entourait la maison. Ils étaient une quarantaine. Ils portaient le même blason que ceux rencontrés dans l’abbaye. La plupart étaient dans un état déplorable : ils leurs manquaient un bras, un ?il ou une machoire, certains ressemblaient même à des cadavres. Ils ressemblaient presque à des…
- ? Des gobelins morts-vivants ? ? dit Edvard.
- ? Ils ont d? être massacrés par les tréants. Une puissante magie nécrotique a d? les maintenir dans un état de non-vie. Tachons de trouver le sorcier qui les contr?le. ?
Ricina et Aldric observèrent les gobelins. Les deux confrères se murmurèrent des informations et acquiescèrent. Ils avaient trouvé le sorcier au bout de dix minutes. Ils le pointèrent à Elusco. Celui-ci réfléchit : le flou autour du sorcier suggérait une barrière magique. Une flèche de terre ou de glace de l’atteindrait pas à cause de sa protection magique. Utiliser la brume glaciale, la foudre ou le feu leur mettraient toute la forêt à dos. En plus, la brume glaciale serait sans effet sur les morts-vivants. Il fallait donc privilégier les pouvoirs sacrés d’Edvard.
- ? Tu possèdes de quoi repousser ou détruire les morts-vivants ? ? demanda Elusco à Edvard.
- ? Je peux les repousser, voir les détruire avec un sanctuaire mobile. Tu veux t’approcher du sorcier ? ?
- ? Je compte sur toi et Aldric pour réduire leur nombre et atteindre le sorcier. Je pourrais contrer ses sorts et Ricina pourra le tuer à distance avec sa fronde. Vous en penser quoi ? ?
- ? C’est faisable. ? dit Ricina.
Edvard bénit Aldric et Elusco contre la magie noire. Edvard échangea sa lance contre une masse d’arme grace au glyphe. Ricina monta dans un arbre, prête à frapper. Ils inspirèrent un grand coup et se lancèrent dans la mêlée.
III
Edvard invoqua une demi-sphère de magie divine autour de lui. Aldric et Elusco restaient à proximité du templier.
Les gobelins se jetèrent sur eux. La plupart étaient bloqués par le sanctuaire. D’autres br?lèrent dans des flammes multicolores à son contact. Aldric se contentait de fracasser ceux qui essayaient de traverser la barrière magique. Edvard avan?ait vers le sorcier. Mais celui-ci tenta de prendre la fuite. Cependant, un geste rapide d’Elusco emprisonna le nécromancien dans un couloir fermé de terre et de roche. Un véritable cul-de-sac. Edvard regarda le sorcier et lui cria.
- ? Approche-toi ! ?
Le gobelin s’approcha d’Edvard, comme s’il était envo?té. Edvard et Aldric fracassèrent les morts-vivants avec facilité, mais cela commen?a à devenir épuisant. Ils en avaient tué un très grand nombre. Cependant il en restait encore, peut être une dizaine. Edvard perdit la concentration sur son sort à cause de la fatigue. Le sanctuaire disparut. Les gobelins se jetèrent sur eux mais Edvard se redressa et leva sa masse au-dessus de sa tête. Il fit une incantation au nom du Cercle et son arme se mit à briller d’une lumière vive. Les morts-vivants restants br?lèrent dans des flammes multicolores. Cependant, le sorcier répliqua en envoyant une vague de flammes turquoise.
Edvard, à bout de force, ne pouvait plus rien faire. Il pla?a donc sa confiance en ses camarades. Aldric se baissa et mit son bouclier à terre, de fa?on à former un rempart. Les trois alliés virent le bouclier d’Aldric encaisser les flammes, qui passèrent à c?té d’eux. Ces flammes dégageaient à la fois une forte chaleur mais aussi une aura malsaine. Une fois la vague passée, Elusco éteignit les flammes restantes dans geste du bras. Il fit cela pour éviter un feu de forêt et pour éviter que le bouclier d’Aldric ne soit entièrement détruit.
Aldric n’arrivait pas à se relever ; il était lui aussi éreinté par le combat. Le sorcier était à moins de cinq mètres d’eux. Elusco se jeta sur l’ennemi avec une vitesse éclair, propulsé par une bourrasque. Il toucha la barrière du nécromancien, qui devenait visible : une sphère turquoise. Celle-ci se mit à trembler avant d’éclater comme une bulle. Le sorcier se prépara à envoyer des flammes sur Elusco. Cependant une bille ovale de fronde en plomb se logea dans son crane. Il s’écroula, raide mort. L’elfe s’empressa de guérir ses deux compagnons et de réparer par magie le bouclier d’Aldric. Il répara aussi les armes des deux combattants. La porte de la maison s’ouvrit. Une vieille naine en sortit.
IV
- ? Eh bien, vous en faites un de ces raffuts ! ? dit la naine.
La naine avait de longs cheveux blancs et était couverte de rides.
- ? Je vois que vous m’avez débarrassé de ces vermines de gobelins. Bien. ? dit-elle. ? Venez, entrez à l’intérieur. ? elle les invita à entrer dans la batisse d’un signe de la main. ? Je m’appelle Issa, dite l’Hermite, jeunes gens. ?
Ricina rejoignit ses confrères. Ils se dirigèrent vers l’intérieur du batiment. La maison était principalement composée de pierres, hormis pour le plancher et les meubles, en bois. L’entrée menait à un couloir. La naine leur fit signe d’entrer dans une salle. Cette salle était immense, taillée à même la roche. Une sphère en bronze se trouvait à l’intérieur. De multiples anneaux et loupes se trouvaient autour de la sphère.
- ? Cette machine permet de savoir la position d’absolument tout se qui se trouve sur les terres de Garescal. ? dit la naine en ricanant. ? Je ressens le cristal d’Horakio, passez-le moi. Je vais me servir de sa magie pour alimenter la machine. ?
Edvard donna le cristal. Au même moment une fée apparue. Elle était toute petite et elle avait des ailes de papillon de nuit. Elle avait la peau grise et était vêtue d’une petite robe noire. Elle chuchota à l’oreille de la naine. Celle-ci regarda les aventuriers.
- ? Bon au moins on sait qui étaient ces gobelins et ce qu’ils voulaient. D’après mon amie aux petites ailes, ?a serait un certain Clan des Exilés. Leur chef, un sorcier, voulait obtenir l’immortalité. Ses disciples le voyaient comme un dieu vivant. Il aurait pillé des lieux qui avaient un lien avec de la magie divine ou spirituelle, de fa?on à accomplir son but. Il aurait décidé de s’attaquer à la forêt ancienne après que son escouade ait ramené des artefacts d’une abbaye qu’ils savaient vulnérable. Cependant la disparition de l’escouade qui devait ramener ces dits artefacts ne revint pas. Il décida alors de s’attaquer tout de même à la forêt ancienne. La plupart de ses disciples moururent dans cet assaut et il n’aurait pas pu amasser assez d’énergie pour accomplir son objectif d’immortalité. Il décida alors d’utiliser la magie volée pour réanimer un grand nombre de ses disciples. Il commen?a à fuir la forêt en colère quand il tomba par hasard sur ma maison. Ressentant sa magie, il tenta de briser la barrière pour y pénétrer. Et c’est là où vous êtes arrivés. La suite, vous la connaissez. ? expliqua Issa.
Issa s’éclaircit la gorge et mit le cristal sur sorte de piédestal. Le cristal se mit à flotter. Une lumière violette émana du dessous du cristal ; allant dans une sorte de cercle en verre. La machine se mit à grincer et à vibrer.
- ? Bon, je suppose que vous n’avez pas fait tout ce chemin pour rien. Que cherchez-vous ? ?
- ? La source d’une anomalie magique que même les dieux ne savent trouver. ?
- ? Ah… je vois de quelle anomalie tu parles. La forêt la ressent et essaye de résister à son influence du mieux qu’elle peut. ?
Elle récita quelques formules en une langue que seul Elusco comprit. La machine s’activa et ses anneaux se mirent à tourner. Ils finirent par s’arrêter nette sur une zone très précise. Les loupes s’additionnèrent pour montrer un endroit très précis. Issa nota l’emplacement sur une carte qu’elle avait à proximité.
- ? Eh bien, mes pauvres jeunes gens. Votre anomalie se trouve dans la cité d’Astrikiel. Une cité zatrienne abandonnée depuis la grande guerre draconique. Je vous souhaite bonne chance si vous décidez de bel et bien vous y rendre. On y raconte que des monstres y ont fait leurs nids. ?
Ils notèrent le trajet jusqu’à la cité sur leurs cartes. Ensuite ils mangèrent un repas chez la naine et dormirent dans son salon. Au petit matin, ils partirent vers le Nord : direction la Forêt de Grès. Le dernier obstacle avant la cité d’Astrikiel.

