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03 LAbbaye

  Chapitre 3 – L’Abbaye

  I

  Aldric se tenait sur le cercle de pierre dans le jardin d’Adnama avec Elusco, Ricina et Edvard. Adnama récita une incantation et le groupe disparut. De son point de vue, Aldric se trouvait dans un autre lieu au moment où il cligna des yeux. Il était passé d’un jardin de fleurs de Grande-Roche à une colline. Il se retourna et vit ses trois autres coéquipiers. Derrière lui s’étendait une forêt, en face de lui, une vaste étendue d’eau qui continuait à l’horizon. Une montagne se tenait à leur droite, s?rement à une semaine ou deux de marche. Cependant, ils virent tous le bourg maritime qui se tenait devant eux : Pelagantis. Celui-ci devait se trouver à quelques jours de marches.

  Ils étaient tous vêtus de vêtements de voyage bruns, gris et verts, adaptés au climat chaud de la région. Ils portaient tous des capes vert foncé à capuche repliée autour du corps. Edvard dissimulait son casque à visière en métal terni, son tabard de templier et son gambison renforcé sous sa cape. Elusco avait deux longues tresses rousses flamboyantes qui lui tombaient sur les épaules et derrière ses oreilles elfiques. Aldric portait son gambison sans manches, qui laissait appara?tre les nombreuses cicatrices sur ses bras et sa tête. Ricina cachait son visage sous la capuche de sa cape.

  Ils descendirent de la colline pour rejoindre la route. Ils ne se connaissaient pas vraiment et aucun d’entre eux ne prit la parole. Edvard retira son casque, le mit dans son sac et se lan?a :

  - ? Elusco, cela fait quoi d’être un mage ? Ressens-tu la magie de la même fa?on qu’un Disciple tel que moi ? ?

  - ? Je ne sais pas, comment la ressens-tu Edvard ? ?

  - ? Eh bien, je ressens la présence des Neufs en mon corps, mon esprit et mon ame. Ainsi que toute la dévotion et l’amour que je leur porte. à chaque foi que je veux utiliser la magie, je pense à la… sensation intime et unique à chacun des Neufs. Je me concentre sur l’une ou sur plusieurs d’entre elles puis je pense à un des miracles qu’ils m’ont légué. Après quoi ce miracle se produit. Et toi Elusco ? ?

  - ? Personnellement, je ressens la magie différemment. Elle est comme une partie de moi et il me suffit juste d’y penser, même inconsciemment, pour qu’elle se manifeste. Pour les sorts, au début, je me contente d’imaginer un concept de ce que le sort final donnerait. Après quoi, avec de l’entra?nement, je peux concrétiser ce concept en l’affinant, ce qui donne un sort. Comparé à un Disciple, je dois tout imaginer, chaque facette de ma magie pour qu’elle soit réelle et concrète. Il me faut juste mettre un maximum de volonté dans chaque sort pour qu’il fonctionne correctement. ?

  - ? Je vois... Merci de ta réponse, cela me donnera matière à réfléchir. ?

  - ? De même, Edvard. ?

  La route était en terre battue beige. Ils s’approchèrent du bourg, les petites murailles blanches le protégeant des dangers extérieurs. Elusco demanda :

  - ? Si je ne me trompe pas, Ricina et toi faites partis des Aurores non ? ?

  - ? Ouaip, je les ai rejoints car ils me permettaient de faire ce que j’aime : m’introduire dans des lieux oubliés et dangereux, ou dans des lieux où je ne devrais pas me trouver. ? Elle sourit. ? Par contre, je t’ai déjà aper?u dans le quartier général des Aurores, Edvard. ?

  - ? En effet. Je les ai rejoints il y a quelques années, je t’ai aussi aper?u de loin quelques fois. Par contre, quand avez vous rejoints les Aurores, Aldric et Elusco ? Je n’avais pas le souvenir de vous avoir vu, qui plus est je n’étais pas au courant que les Aurores comptait un mage. ?

  - ? Hier. Nous avons été recruté après avoir sorti Tyleke d’une prison aradémienne, dans la cité de Brédoni, où nous étions nous aussi enfermés, Elusco et moi. C’était pendant une sorte de cérémonie pour célébrer les peuples humains ou quelque chose du genre. ?

  Les deux Aurores les regardèrent d’un regard ébahi.

  - ? V-vous êtes échappés d’une prison aradémienne, à Brédoni et pendant la cérémonie de la Gloire de l’Homme ? ? bredouilla Edvard.

  - ? Elusco et sa magie m’ont beaucoup aidé, je n’ai fait que distribuer des coups. ? dit Aldric.

  Aldric leur expliqua plus en détail leur capture et leur évasion. Ricina et Edvard furent épatés par le conte de leur rencontre. Elusco sourit tout du long de l’explication d’Aldric, il aimait bien le son de sa voix.

  II

  Après deux jours de marche, ils s’approchèrent de la porte du bourg. Les gardes, armés d’une lance, d’un gambison et d’un casque en fer, dormaient sur le sol. Aldric, Edvard et Ricina les prirent pour des incompétents, mais Elusco, lui, était inquiet, quelque chose n’allait pas.

  La ville était composée de maisons rectangulaires ou carrées en pierre blanche et en toit de chaume. La ville était extrêmement sale. Les animaux et le bétail se dépla?aient sans surveillance dans la ville. Les habitants, principalement des humains accompagnés de quelques faunes, se dépla?aient lentement, le regard vide et fatigué avec un filet de bave coulant de leur bouche. Certains habitants dormaient n’importe où, contre les murs, dans la rue, sur leurs établis voire même au beau milieu du passage. Elusco les regardait d’un air inquiet, il observa un habitant qui semblait dormir et s’approcha de lui, tatant son pouls à la gorge. Il était mort, probablement d’épuisement d’après son analyse.

  - ? Que fais-tu, cet homme est en train dormir. ? lui dit Ricina ? J’ai jamais vu une ville comme ?a mais bon, le monde est vaste. ?

  - ? Cet homme est mort d’épuisement, Ricina. Et il ne porte pas la moindre trace qui montrerait qu’il ait travaillé récemment. Quelque chose ne va pas dans ce bourg. Allons voir s’il n’y a pas un temple de Lonida? ou de Dakrés. ?

  Les trois compagnons se regardèrent et décidèrent qu’ils feraient mieux de suivre l’intuition du mage. Après tout, ils devaient résoudre un problème dans la région, et ce bourg était leur destination. Le temple était visible au loin, avec ses colonnes et son toit triangulaire. Une fois près du temple, Elusco dit :

  - ? Les prêtres et les guérisseurs du temple devraient pouvoir nous en dirent plus sur ce qui se passe. ?

  Ils entrèrent dans le temple. Il y avait une odeur de putréfaction. La plupart des personnes en toge présentes dans le temple étaient mortes depuis un moment et personne n’avait daigné toucher à leur cadavre. Il y avait cependant un guérisseur au bord de l’épuisement. C’était un faune, sa barbe n’était pas taillée et mal entretenue, ses habits et son corps étaient sales. Il avait d’énormes cernes sous les yeux.

  - ? Que s’est-il passé dans ce temple. ?

  - ? R...ien de particul...ier, mes confrères dor….ment… ? dit le guérisseur.

  Elusco se tourna vers ses coéquipiers :

  - ? Les gens d’ici ne semblent pas remarquer ce qui leur arrive. Nous devons trouver un moyen de les guérir ou tout le bourg finira par mourir. ? Elusco se retourna vers le guérisseur ? Y a t-il d’autres guérisseurs en dehors de la cité ? ?

  - ? Il y a … les moines de l’ab...baye de Mont-Vit….al … Ils se situent dans la mont...agne...?

  Elusco hocha la tête. Aldric lui ne comprenait pas le langage parlé par les habitants de cette ville. Edvard lui, connaissait les langues du Sud. Ricina connaissait les mots importants, comme les chiffres et tout ce qui touchait à la description des lieux, au sonnant et au trébuchant.

  - ? Tentons d’aller voir cette abbaye, on y trouvera s?rement des moyens plus concrets de guérir ces gens. Euh… Est-ce-que ?a va Ricina, tu bailles beaucoup, tu as bien dormi la nuit dernière ? ?

  - ? Bien s?r, j’ai juste… *baille* vraiment sommeil. Je ne sais pas pourquoi. ?

  - ? Quittons ce bourg au plus vite et dirigeons nous vers cette abbaye. Aldric, tu peux porter Ricina, j’ai l’impression qu’elle va faire un malaise. ? dit Edvard

  Aldric s’empressa de porter Ricina dans ses grands bras.

  - ? Hey ! Qu’est-ce-que tu fais … espèces de … putain … j’me sens pas bien. ?

  Le groupe s’empressa de quitter le bourg, suivit la route menant à la montagne et fit une pause près d’un arbre. Aldric posa Ricina contre l’arbre. Elle était pale comme les habitants du bourg.

  - ? Edvard, aide moi, puise dans la magie de Vatréous et de Lonida?. On va lui redonner une impulsion de magie vitale et d’outre-monde. On va mettre une dose assez puissante pour tenir l’effet le plus longtemps possible. ?

  - ? Attends vous allez mélanger de la guérison et de la nécromancie ? ? demanda Aldric, prit de court par ce que vient de dire Elusco. Aldric a déjà entendu des contes sur la nécromancie, et ils ne finissaient jamais bien.

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  Edvard se précipita et posa ses mains sur la tête de Ricina. Elusco lui prit les mains.

  - ? à trois. Un… Deux… Trois ! ?

  Ricina eu comme un spasme soudain et bref. Elle sursauta et se releva rapidement. Elle avait reprit des couleurs. Elle leur cria dessus.

  - ? Putain de bordel de que… Qu’est ce que vous venez de me faire bande d’enculés ! Je me sens… bien ? Mais… Je me sens en pleine forme ! Haha ! Je pourrais buter un dragon ! ? Elle se mit à s’agiter comme un enfant surexcité.

  - ? Qu’est-ce-que vous venez de faire ? ? demanda Aldric.

  - ? On a tenté quelque chose, et ?a a semblé la guérir. Tu as remarqué l’état de son ame avant notre action Elusco ? ?

  - ? Oui, elle était comme drainée de son énergie. Revitalisons-nous aussi de la même manière, pour éviter le pire. ?

  Elusco et Edvard recommencèrent le transfert de magie sur eux même puis sur Aldric, qui était assez réticent à l’idée. Il finit par accepter car l’état de Ricina s’était grandement amélioré.

  Ils décidèrent de s’arrêter et de manger leurs rations. Ces dites rations étaient faites pour durer quatre jours de voyages avec trois repas par jour. Leurs rations contenaient des galettes sèches de céréales, de la viande de mouton et de porc séchée, du fromage ferme, des pommes et des prunes sèches, des noisettes, des noix, de la bouillie d’avoine et de légumes dans une grande outre et un peu de miel chacun, venant directement des jardins d’Adnama. Ricina semblait raffoler des fruits secs et ne voulant pas tous les mangers tout de suite, tenta d’en voler à Edvard qui lui mit une petite tape sur la main. Aldric, lui, semblait se régaler du fromage car c’était un de ses mets favoris. Ils reprirent ensuite leur chemin jusqu’à la tombée de la nuit. Après quoi ils décidèrent de faire des tours de gardes pour éviter toute menace inattendue. Ils campèrent près d’un grand rocher, de fa?on à masquer leur présence. La nuit se passa sans problème. Une fois réveillés, ils continuèrent de marcher le long de la route pendant une semaine. Ils se ravitaillaient dans les villages qu’ils traversèrent. Ces villages étaient composés de maison au mur en torchis et au toit de chaume. Les hameaux étaient sales et mal entretenus ; les animaux de ferme et le bétail s’y dépla?aient en toute liberté et sans surveillance. Les villageois semblaient cependant tous atteints du même mal. La magie que manièrent Edvard et Elusco ne servit malheureusement à rien. Ils découvrirent que la technique utilisée sur Ricina, Aldric et eux même n’était donc efficace seulement au tout début de l’affliction. Ils finirent par quitter les vertes prairies et les bocages bourdonnant de vie pour voyager au milieu des collines brumeuses. Après une semaine et demi de marche dans les collines, ils arrivèrent au col de la montagne ; la route et les écriteaux indiquant l’abbaye de Mont-Vital en plus d’une mine. Le voyage leur permit à mieux se conna?tre. Un esprit de camaraderie apparut au sein du groupe.

  III

  Ils étaient contents d’avoir leurs capes de laine, car le vent était froid et puissant, même si c'était le printemps. Edvard avait remit son casque. Aldric se mit devant les autres, de fa?on à prendre un maximum du vent pour éviter qu’il ne les gène trop. Après tout, entre le gambison, le manteau de la laine et sa fourrure, il ne craignait rien. Il leurs fallut une journée et demi pour gravir la montagne en suivant le chemin qui menait à l’abbaye. Ils finirent par arriver à un croisement, un panneau indiquait ? mine ? en langue locale à gauche et ? Mont-Vital ? à droite. Ils prirent le chemin qui montait vers l’abbaye de Mont-Vital. Cependant, après une demi-heure de marche, ils finirent face à un obstacle. Un éboulement avait détruit la route. Pas le choix, il fallait faire marche arrière et espérer que les mines offriraient un moyen d’accéder à l’abbaye. Une fois arrivés devant les mines, ils remarquèrent qu’elles avaient été abandonnées. Elusco se pencha devant l’entrée de celles-ci et ferma les yeux. Il envoya des ondes dans le sol rocheux pour en cartographier les sections dans son esprit. Il trouva en effet une seconde entrée qui devait mener au chemin de l’abbaye après l’éboulement. Il en informa ses coéquipiers et ils pénétrèrent dans les souterrains. Le plafond de ces dernières était assez haut pour Aldric car elles semblaient avoir été faites à partir de cavernes. Le passage était sombre et humide, une odeur de poussière en émanait. Elusco créa des orbes de lumières qui flottaient atour d’eux, éclairant leur chemin à travers les galeries. Ils finirent cependant par entendre des grognements. Elusco projeta une nouvelle orbe de lumière devant eux ; deux grands primates velus fon?ait vers eux : des trolls.

  L’un des deux trolls avait trois bras et l’autre avait une tête en plus, ils étaient tout les deux recouverts de boursouflures.

  - ? Attends une seconde, ses trucs ne sont pas sensés se guérir extrêmement rapidement à chaque blessure qu’on leur inflige ? ?

  - ? Aldric, passe ton arme ! ? dit Elusco

  Aldric tendit son arme à Elusco, qui l’effleura. Les pointes en métal de son arme devinrent alors d’une lumière orange vive. Une forte chaleur en émanait.

  - ? évite de les toucher, tu te br?lerais. Ton arme devrait pouvoir maintenant blesser les trolls tout en empêchant leur guérison car ils craignent le feu et les br?lures. ?

  Ricina se mit en retrait et resta aux aguets pour savoir si d’autres trolls allaient les prendre par surprise. Elusco lui, n’allait pas lancer de sort offensifs, de peur de les blesser dans la mêlée. Edvard, lui, jeta sa lance en arrière et prit sa hache de guerre. Il la teint à la verticale et dit :

  - ? Brakos ! Prête-moi tes flammes ! ? le fer de la hache d’Edvard se mit à briller d’une lueur similaire à l’arme d’Aldric, dégageant elle aussi une forte chaleur. Le combat commen?a.

  Les trolls chargèrent. Le premier vint s’abattre contre le bouclier d’Aldric, les deux étaient de taille similaire. Aldric le repoussa et l’envoya s’écraser contre le mur avant de le frapper à la tête avec son étoile du matin, explosant le crane du troll d? à la pure force de l’impact. Un de moins. Le second se jeta sur le chevalier. Le troll fut cependant bloqué par l’écu d’Edvard. Il repoussa la créature et lui cria une injonction, sa voix résonnant dans la caverne avec un ton surnaturel.

  - ? à genoux ! ?

  Le troll tomba à genoux, incapable de bouger. Edvard en profita pour frapper la tête de gauche. Il la fendit en deux avec sa hache ardente. Au moment où il retira sa hache, la tête de gauche s’embrasa et fut réduite en cendres. La bête tenta de se relever alors que le sort se dissipait. Edvard frappa alors le sol de son pied. La roche du sol de la mine se déforma pour emprisonner ses bras et ses jambes. La bête étant immobilisée, l’ogre fendit le crane restant de la créature, la réduisant en cendres. Les bêtes étant mortes, le groupe pouvait continuer en suivant le chemin d’Elusco. Edvard remercia Brakos, Lonida? et Ubolda pour les miracles conférés lors du combat, comme à son habitude. Ils finirent par arriver à la sortie de la mine au bout de deux heures de marches dans les souterrains. Ils furent donc de retour sur le chemin vers l’abbaye. Ils purent apercevoir les murs de celle-ci à quelques heures de marche. Ils se remirent en route après avoir mangé à l’intérieur de la mine, de fa?on à éviter le vent glacial de la montagne.

  IV

  Ils approchèrent de l’abbaye. Les murs étaient en pierres sombres. La porte principale était détruite. L’instinct d’Aldric lui dit d’éviter de passer par la porte principale, surtout si elle avait été détruite. Il en parla aux autres et Ricina était d’accord.

  - ? Si des personnes se sont introduites par la porte principale par la force, il y a de grandes chances qu’elles soient encore à proximité. Après, j’ai déjà ‘’visité’’ une abbaye, tout les batiments sont reliés par une cour principale. Si on passe par la porte principale, cela nous exposerait à la cour et donc à des ennemis pouvant venir de toutes les directions. Passons plut?t par un batiment en escaladant le mur. Et soyons discrets au maximum. J’ai confiance en vos capacités à vous battre, les deux grands, mais s’ils sont trop nombreux, on sera submergé. ?

  Le groupe acquies?at et se dirigea vers l’enceinte. Ricina passa le grappin et la corde à Aldric et lui demanda de le jeter par dessus le mur, vers le batiment devant. Il le fit avec facilité et accrocha le grappin. Ricina passa en première, puis ce fut au tour d’Aldric. Elusco tapota l’épaule d’Edvard avant qu’il ne grimpe. Celui-ci se retourna et Elusco lui fit signe de se taire en mettant son doigt devant sa bouche et en faisant ? Chhhut ?. Edvard ne comprit pas et voulu répliquer mais aucun mot ne sortit de sa bouche ou plut?t il n’avait fait aucun bruit. Il agita son bras et là aussi, aucun bruit. Elusco lui fit signe d’un pouce levé et Edvard le remercia d’un geste de la tête. Edvard grimpa et son armure de métal fut entièrement silencieuse. Ce fut enfin le tour d’Elusco, qui grimpa sans peine. Après quoi le grappin fut décroché et rangé avec la corde. Ils pénétrèrent dans une sorte d’infirmerie. Tout était sans dessus dessous et il y avait des tra?nées de sang sur le sol. Ils avancèrent vers le batiment relié à l’infirmerie et Elusco fit signe à Edvard de s’arrêter. Celui-ci obéit et Elusco toucha l’armure d’Edvard.

  - ? Tu peux de nouveau parler, j’ai complexifié le sort. ? dit-il à voix basse.

  Elusco fit un geste de la main et une brise légère se créa et traversa la pièce suivante.

  - ? Il y a deux humano?des dans la pièce suivante. Petites tailles, s?rement des gobelins. évitons de faire trop de bruit. ? dit-il en murmurant.

  - ? Je m’en charge. ? dit Ricina

  Elle sortit deux couteaux de lancé, Elusco lui décrit où ils se trouvaient exactement dans la pièce. Il lui fit signe quand ils eurent le dos tourné et Ricina se faufila discrètement. Elle jeta ses couteaux à la vitesse de l’éclair et les planta dans le crane pale des deux gobelins, qui s’écroulèrent, morts. Le groupe progressa dans la pièce. C’était un dortoir. Rician récupéra ses deux couteaux, les essuya sur un drap et les rangea dans leurs fourreaux.

  - ? On va pas y arriver si on doit faire tout les batiments pièce par pièce. Si on met trop de temps, on risque de perdre les guérisseurs, s’ils sont pas déjà morts. ? dit Ricina.

  Elusco eut une idée. Il s’approcha de la porte menant à la cour, l’ouvrit discrètement et y jeta un bout de bois. La terre se mit alors à faire bouger le bout de bois vers le centre de celle-ci. Elusco claqua des doigts et une clameur de rires se mit à émaner du bout de bois. Une quinzaine de gobelins se ruèrent vers le préau. Ils étaient enragés et ne comprenaient pas d’où venait le bruit. Elusco concentra alors l’humidité de la pièce dans un glyphe d’eau dans la paume de sa main. Aldric connaissait ce sort, ses oreilles tombèrent en arrière. Il savait ce qui allait suivre. Elusco souffla dans sa main et une brume opaque progressa extrêmement rapidement dans le clo?tre. Des hurlements de douleurs suivi de toux violentes résonnèrent dans la brume. Ricina et Edvard furent pétrifiés à la vision du sort d’Elusco. Elusco dissipa la brume d’un geste de la main. La quinzaine de gobelins gisait sur le sol, leurs corps étaient bleutés en plus d’être aussi durs que de la glace. Leurs bouches étaient recouvertes de cristaux rouges.

  - ? Si ce sort vous terrifie, alors vous n’êtes pas prêts pour les sorts d’Adnama. ? dit Elsuco.

  Les autres ne savaient pas quoi en penser, il était puissant certes, mais au moins il était de leur c?té, du c?té du ‘’bien’’ si tant qu’il puisse exister. L’elfe attrapa le corps d’un gobelin et retira la neige de son habit. Il y avait un blason. Tous les autres gobelins le portaient. Ils formaient donc un clan. Cela ne rassura aucun des aventuriers.

  - ? Ils sont morts ? ? dit une voix à travers la porte fermée et ab?mée de l’église.

  - ? Oui, ils ne représentent plus aucun danger ! ? dit Edvard en enlevant son casque.

  Des moines sortirent de l’église. Ils semblèrent eux-aussi fatigués. D'autres dormaient dans l’église. L’un d’eux se présenta : Leukos, moine-guérisseur et disciple des Neufs. Il expliqua au groupe que des gobelins les avaient prit par surprise et certains d’entre eux avaient péri. Edvard leur fit le topo de la situation pour le bourg de Pelagantis. Les moines leur proposèrent de se rendre au bourg pour qu’ils puissent guérir un maximum d'habitants. Une lumière apparue alors du ciel nuageux pour se présenter dans le centre de la cour et une ‘’gnome’’ apparue. Elle avait la carrure et les oreilles d’une gnome mais elle faisait le double de la taille d’Aldric et un halo de lumière derrière sa tête. Elle était habillée d’une robe jaune or ornée de motifs complexes. Son visage était caché par la lumière du halo et elle avait de très longs cheveux. Les moines, Elusco et Edvard plièrent le genou. Aldric et Ricina firent de même en les voyant faire.

  - ? Au Sainte-Dame Lonida?, que nous vaut votre divine présence ? ? demanda Edvard.

  - ? Jeunes héros, cette région est mourante et moi, ainsi que Vatréous, sommes incapables de la guérir à cause d’une anomalie absorbant notre magie divine. Iphrine n’arrive pas non plus à la localiser pour la même raison. La seule chose que je peux faire pour vous aider est de vous donner l’information suivante que je tiens d’Iphrine : trouver le cristal d’Orixis dans le temple nain de Khalkospelia. Ce cristal est la clé pour trouver l’anomalie et sauver ces terres. ? Elle fit un geste délicat de la main et les moines se sentirent revigorés. ? Cet enchantement ne durera que quelques semaines tout au mieux, il devrait réduire la fatigue et vous éviter de mourir d’épuisement. Je dois maintenant m’en aller, l’anomalie puise dans ma magie. Adieux et courage, valeureux héros. ?

  Sur ces mots, la gnome géante disparut. Et Elusco demanda aux moines où se trouvait ce temple nain. Les moines s’empressèrent de lui apporter une carte et de lui montrer l’emplacement précis de l’édifice. Ils notèrent un itinéraire et leur proposèrent de partir le plus t?t possible. Les moines donnèrent des provisions au groupe d’aventuriers, de quoi leur permettre de tenir plusieurs jours de marches supplémentaires. Il faisait encore jour et le groupe partit en direction du dit temple nain. Ils descendirent de la montagne au bout d’une journée et demi de marche. Ils campèrent à la lisière d’une forêt. Le lendemain, ils allaient partir en direction des collines boisées du Nord-Ouest, sortant des routes pour aller directement, dans la nature sauvage, l’élément de prédilection d’Aldric avant le combat.

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