La Confrérie de l’Alarco
Aventure n°1 – L’Anomalie
Chapitre 1 – L’évasion
I
Cette histoire commence sur les terres de Garescal, continent au climat principalement tempéré et caractérisé par son arbre aux proportions massives, Divonutib. Dans les terres au nord de celui-ci, vivait un clan d’erdoss, des humano?des au corps recouvert de fourrures et à la tête ressemblant à celle d’un renard. Ce clan s’appelait les Crocs-écarlates. Il était spécialisé dans le combat et plus particulièrement dans le mercenariat. Dans cette tribu était né un petit erdoss au pelage couleur sable et aux yeux bleus. Fils d’Altmann Rotzahnig et Ubalda Nibelstimme, ce petit f?t appelé Aldric. Le petit vulpin grandit dans le rythme des combats de son clan, où sa mère et son père étaient des mercenaires, comme la plupart des membres de la bande. Une fois adulte - vers ses seize hivers, il prit les armes avec eux. Aldric surprit très vite ses congénères, de part sa grande taille, atteignant presque les sept pieds de haut et de part sa musculature imposante. Il fit de nombreuses missions au sein du clan pour des seigneurs locaux : protection, renfort dans une guerre, escorte, etc. Cependant, les Crocs-écarlates finirent par tomber dans un piège organisé par leur employeur, un seigneur local, de fa?on à éviter de les payer. Tous moururent dans l’embuscade, submergés par le nombre d’opposants, criblés de flèches et de carreaux. Cependant, par miracle, Aldric réussi à survivre, ce qui n’était pas le cas de sa famille. Il resta caché jusqu’au départ des troupes du seigneur et il décida de partir loin des terres de ce tra?tre. Il réussit à survivre en pleine nature grace aux compétences de survie que lui avait apprit sa famille. ?gé désormais de vingt-six hivers et orné de nombreuses cicatrices et balafres, Aldric vagabondait le long des routes à la recherche d’un village où il pourrait vendre ses services, comme il avait l’habitude de le faire. Cependant, les Dieux avaient d’autres plans pour lui.
Aldric marchait le long d’une route boueuse de campagne, en pleine forêt, lorsqu’il entendit des bruits de pas autour de lui. Il sortit instinctivement son scramasaxe et son bouclier. Une demi douzaine d’humains l’entourait, portant sur leur torse un tabard qu’Aldric ne connaissait pas. L’erdoss pourfendit quatre des humains, mais il fut submergé par le nombre suite à l’arrivée de renfort. Il finit par être plaqué au sol et un humain à la barbe blonde s’approchat de son visage en souriant.
- ? Voilà ce qu’on fait aux sales bêtes de ton genre. ? dit-il avant de cracher au visage du guerrier.
Cet humain sortit un couteau et découpa l’oreille droite d’Aldric.
- ? ?a me fera un souvenir de chasse ? dit-il en ricanant.
Ils attachèrent les mains du vulpin et ils lui mirent un collier, le tra?nant jusqu’à une cage en fer montée sur une charrette.
- ? Tu disais qu’il nous faudrait du temps pour trouver un homme-bête pour la cérémonie, mais on l’a trouvé rapidement ! ? s’exclama un humain en parlant à un autre.
Un de ces chasseurs colla sa torche sur la plaie d’Aldric où se trouvait jadis son oreille, la cautérisant.
- ? Faudrait pas que tu meurs, le clebs. ?
Aldric, encore sonné par le combat, perdit connaissance dans la cage.
Quand le guerrier se réveilla, il était dans une sorte de caserne et vue le brouhaha, il devait être dans une ville, et une grosse ! Les humains, visiblement des soldats, l’extirpèrent de la cage et le forcèrent à marcher dans la caserne, descendant plusieurs rangés d’escaliers.
- ? On ne fait que descendre… Où m’emmènent t’il ? ? pensa le vulpin.
Ils finirent pas le jeter dans une cellule, lui retirant ses liens au passage. Plusieurs secondes passèrent avant que les yeux d’Aldric puissent s’habituer à la quasi obscurité de la cellule. Elle était humide et en pierres sombres. La seule lumière provenait du couloir, traversant les quelques barreaux de la porte en bois de la cellule. Il y avait un autre prisonnier dans la cellule. Celui-ci s’approcha d’Aldric en mettant ses mains en avant
. - ? Tu n’as rien à craindre, l’ami, je ne te veux aucun mal. ? dit-il d’une voix faiblarde. ? Tu as perdu une oreille ? ?
- ? Les humains me l’ont coupé. ?
- ? Approche ta tête. ?
Aldric hésitant, approcha sa tête.
C’est à ce moment là qu’il pu apercevoir clairement le prisonnier. C’était un jeune homme, probablement humain, à la peau bronzée, aux yeux dorés et à la chevelure rousse feu et longue. Il devait faire deux têtes de moins que lui. Cependant, ses deux oreilles avait été tranchées et il avait de nombreux hématomes sur le corps et le visage.
- ? Il est bien plus amoché que moi ? pensa Aldric.
Le jeune homme approcha ses mains de la plaie où aurait d? se trouver l’oreille droite d’Aldric. Celui-ci ressentit une vive chaleur à l’endroit de sa plaie et il retrouva une ou?e normale. Surpris, il toucha là où son oreille avait été coupée et il remarqua qu’elle était de nouveau présente, comme si elle avait repoussé. Il sentait une sorte de nuage chaud autour pendant un court instant.
- ? Quoi ? Comment est-ce que tu as fait ?a ? ?
- ? J’ai un don ? répondit le jeune homme d’une voix toujours plus faiblissante.
- ? Je m’appelle Elusco et toi ? ?
- ? Aldric ?.
Le jeune homme lui offrit un sourire chaleureux.
Un garde finit par ouvrir la cellule.
- ? Je suppose que c’est l’heure ? dit le jeune homme.
- ? Approche sous-Homme ? dit le garde. ? Déo Béllini veut te voir. ?
Le jeune homme se leva et il laissa le garde lui passer des menottes aux poignets et aux chevilles.
- ? Je reviendrais te chercher, ne t’en fais pas ? dit Elusco en regardant Aldric.
Le garde lui mit un baillon autour de la bouche et il l’emmena, refermant la porte de la cellule. Aldric, épuisé, ferma les yeux.
II
Elusco marcha en boitant derrière le garde.
- ? T’as pas intérêt à faire le con, sous-Homme. ? lui dit l’humain.
Le couloir où il marchait était lui aussi humide et composé de pierres sombres, éclairé par une torche fixée sur le mur tous les cinq pas environ.
- ? Ce lieu est propice à la maladie. ? pensa le jeune homme.
Déo Béllini… Elusco connaissait ce nom, c’était celui du Haut Inquisiteur des Séraphins, un ordre religieux du royaume d’Aradémi. Il devait se trouver au sein de la cité de Brédoni, la capitale d’Aradémi. Après tout, il avait cru voir un palais dans la ville haute lorsqu’il était emmené à la prison. Ce Déo Béllini, il entendait souvent des humains de ce royaume se vanter qu’il était un chasseur de mage hors-pair.
- ? On verra bien ?a… ? pensa Elusco.
Il finit par arriver devant une porte gardée par deux soldats. Ils portaient le même blason sur leur torse : un cristal ailé, le blason des séraphins. Ils ouvrirent la porte et firent entrer Elusco.
- ? Laisser nous seuls ? dit un vieillard.
Les gardes obéirent et refermèrent la porte, ne laissant que le vieillard et le jeune homme dans la pièce. Le vieil homme était glabre, les cheveux blancs coupés courts et habillé d’une armure étincelante. Il n’avait pas de casque.
- ? Assis-toi, sous-race. ? Elusco obéit.
- ? Je sais ce que tu es, mage. ?
Le jeune homme ne répondit pas.
- ? Je vais être direct, ta race a osé voler l’arcane au Père Cristal et nous allons l’étudier pour comprendre comment la récupérer. Pour enfin redonner leur grandeur aux Hommes ! ?
Déo frappa du poings sur la table.
- ? Je t’offre un choix : soit tu nous révèles ton secret et comment reprendre notre d? et dans ce cas nous t’offrirons une mort rapide et donner par un vrai Homme, soit nous te l’extirperons de force, te tuant au passage pour que le Saint Cristal puisse t’envoyer dans les Enfers pour y être torturé pour l’éternité. Tu as compris, elfe ? ?.
Elusco acquies?at.
- ? Bien. Je vois clair dans ton jeu, mage, je lis en toi comme dans un livre ouvert. Tu as… peur… de la grandeur des Hommes… le Cristal… ?
Elusco n’écoutait plus le monologue du vieillard. Même s’il le regardait dans les yeux avec un regard ? apeuré ?, il était en vérité concentré ailleurs. Plus précisément sur l’humidité de la pièce, qui commen?ait à s’accumuler en une orbe dans le coin de la pièce, derrière Déo. Bien s?r, l’inquisiteur n’avait rien remarqué. L’eau commen?a à changer de forme, gelant et prenant la forme d’un pic de glace.
- ? Bien, il est l’heure pour toi de me révéler comme reprendre le don des Hommes. Après quoi j’irai interroger un autre prisonnier. Tu le connais s?rement, c’est un ‘’paladin’’ des Horreurs. Il est pareil que toi, un sous-Ho... ?
Le pic se propulsa en silence et vint se loger à l’arrière du crane de Déo. Il s’effondra sur la table et Elusco regarda le pic s’enfoncer lentement de plus en plus profondément dans sa bo?te cranienne. Les spasmes de Déo finirent rapidement par s’arrêter, laissant place à un silence agréable dans la pièce.
- ? Je n’ai pas perdu la main. ? pensa Elusco en souriant.
Il inspira profondément et le métal de ses menottes s’ouvrit comme une fleur qui éclot, permettant au jeune homme de se libérer de ses entraves. Il retira son baillon. Il se redressa et il commen?a à respirer profondément. à chaque cycle d’inspiration-expiration, une blessure d’Elusco disparut. Le tout avec l'apparition d'une sorte de vapeur. Quand toutes ses blessures eurent disparu, il effleura les plaies sur les c?tés de sa tête et ses oreilles se régénérèrent. Ses oreilles était pointus et horizontales.
- ? Rien de plus normal pour un elfe après tout. ? pensa t-il.
Elusco se retourna vers la porte de la cellule… C’était l’heure… l’heure de son évasion.
III
Elusco se concentra de nouveau, amassant par la pensée toute l’humidité de la salle. Cette eau forma de multiples orbes qui flottaient autour de lui. Il ouvrit la porte et laissa les orbes d’eau sortir. Les gardes furent confus en les voyant et à peine avaient t-ils le temps de penser qu’elles s’étaient transformées en pics de glace et les virent se propulser pour se loger dans leur crane, transper?ant le casque à visière en métal. Elusco sortit de la pièce dès qu’il entendit les corps s’effondrer au sol. Il les observa et ne ressentit rien.
- ? Ces suprémacistes ne méritent aucune pitié. ? pensa t-il froidement.
Il prit le chemin inverse pour retourner aux cellules, éliminant discrètement avec ses orbes d’eau tout garde qu’il croisait.
Aldric tenta de se reposer les yeux et d’oublier les douleurs causées par les coups qu’il avait re?u avant son incarcération. Il entendit un choc devant la porte de cellule, comme si quelqu’un en armure s’était cogné puis effondré. Le garde ? Il entendit un trousseau de clé et la porte s’ouvrit. Aldric n’en revenait pas, c’était le jeune homme. Il n’avait plus aucune blessure apparente mais il avait encore du sang séché sur son corps et ses habits. Il vit ses oreilles particulières et comprit qu’il n’était pas un humain mais un elfe. Aldric observa ses yeux dorés alors qu’il s’approcha.
- ? Laisse moi guérir le reste de tes blessures l’ami. ? dit Elusco.
L’elfe effleura chacune de ses plaies, faisant dispara?tre la douleur et lui redonnant des forces. Une enveloppe de vapeur agréablement chaude enveloppa Aldric pendant quelques secondes.
- ? Tu peux te lever Aldric ? ?
L’erdoss acquies?at et se leva.
- ? Pour quoi tu fais tout ?a ? On ne se conna?t même pas. ?
- ? Et alors, tu étais blessé et incarcéré ici par ces fanatiques, destiné à une mort certaine. Je me DEVAIS de te sortir de là. N’y vois rien de personnel, je fais seulement ce qui me semble juste. ?
Un altruisme désintéressé, c’est quelque chose qu’Aldric ne possédait pas. En tant que mercenaire, tout ce qu’il savait faire était de prendre la vie des gens, non de la chérir comme le faisait Elusco. En sortant de la cellule, Aldric lui demanda
- ? Comment tu fais tout ?a ? La guérison et ?a ? ? il pointait du doigt le pic en glace planté dans le crane du garde.
- ? Dame Iphrine m’a conféré le Don de l’arcane à la naissance, jugeant s?rement que j’avais un destin à accomplir. En d’autre terme, je suis ce que les gens appellent un mage. ?
Les mages… Aldric n’en avait entendu que dans des légendes, pareil pour les elfes et voilà qu’il rencontrait les deux en même temps.
- ? Tu as un plan… pour sortir d’ici ? ? demanda t-il.
- ? L’inquisiteur qui m’a interrogé a parlé d’un paladin des Aurores. Je pense qu’il parlait de Tyleke Vilingen. J’avais entendu parler de sa disparition. S’il est bel et bien enfermé ici, le libérer sera notre porte de sortie. Les Aurores ne laissent jamais tomber un de leurs membres et je suis certain qu’ils ont envoyé une équipe pour le sauver. Avec un peu de chance, cette équipe arrivera aujourd’hui. Après tout, la ville est en plein festival, ?a ne devrait pas être trop compliqué de se faufiler dans la caserne. ?
Aldric écoutait attentivement. Il n’était pas cependant convaincu qu’une équipe viendrait secourir ce ? paladin ?. Après tout, il n’était pas rare d’abandonner à la mort des membres des Crocs-écarlates si le risque pour les récupérer était trop grand. Mais il faisait confiance à son sauveur, aussi invraisemblable que cela fut.
- ? Mais comment va t’on savoir où il est enfermé ? ?
- ? Tu sais faire parler quelqu’un ? ? dit Elusco en pointant du doigt l’ombre d’un garde qui s’approchait.
Aldric fit craquer ses jointures et s’approcha discrètement du garde. Avant même que ce dernier ne tourne la tête, le vulpin massif le chargea et le plaqua contre le mur, coupant le souffle au garde. Il lui arracha son casque.
- ? Où... Est... Tyleke ? ? dit t-il en montrant ses larges crocs.
- ? J-Je ne v-vois pas de qui t-tu… ? Aldric inspira.
- ? JE T’AI POSé UNE PUTAIN DE QUESTION !! ?
- ? D-d-d-dans le bloc E-E-Est. I-i-i-il est gardé par des S-S-S-Séraphins. ? bégaya le garde.
- ? C’est bon, on a l’info, tu peux le tuer. ? dit froidement Elusco.
Aldric lacha le garde avant de le frapper violemment au visage avec un crochet du droit. Un violent crac fut entendu dans le couloir au moment de l’impact. L’humain avait le visage enfoncé dans son crane. Par instinct, Aldric prit les armes du gardes : une dague et un glaive. ?a ferait l’affaire.
IV
Les deux hommes se déplacèrent furtivement dans la prison. Elusco laissait Aldric éliminer furtivement et rapidement les gardes qui étaient sur leur chemin car le mercenaire était bien plus doué avec des armes que le mage. De plus l’elfe devait conserver ses forces au cas où ils auraient besoin de ses pouvoirs. Ils finirent par arriver vers la cellule présumée de Tyleke, et pour cause, cinq Séraphins en armures d’écailles d’acier étaient présents et armés d’épée à leur ceinture. Aldric, bien que confiant en ses capacités de combattant aguerri, savait qu’il ne faisait pas le poids. Après tout, à cinq contre un avec des adversaires en armures d’acier et sans protection de sa part, il ne ferait pas le poids. Il pourrait en tuer deux au maximum avant de mourir. Elusco interrompit ses pensées macabres.
- ? Laisse moi gérer ceux-là. Recule s’il te pla?t. ? dit le mage.
Il ouvrit sa main et la mis à plat perpendiculairement à sa bouche. De l’eau apparut et se mit à s’accumuler au dessus de sa paume et prit la forme d’un glyphe qu’Aldric ne connaissait pas. Elusco inspira puis souffla sur l’eau qui se transforma en un souffle de brume qui se répandit dans toute la largeur et la hauteur du couloir en direction des gardes. Quand la brume atteignit les gardes, Aldric ne pouvait entendre que des rales de douleur étouffés, des quintes de toux, puis le bruit d’armures métalliques s’effondrant au sol. Aldric, hésitant, commen?a à s’approcher de la brume. Cependant Elusco le stoppa net.
- ? Attend, je vais la dissiper. Il ne faut pas que tu la respires ou tu finiras comme eux. ? dit-il.
Elusco balaya l’air d’un geste du bras et aussit?t, la brume disparut.
Les Séraphins gisaient sur le sol, pris de légers tremblements.
- ? Tu peux les achever s’il te pla?t ? ? demanda le mage.
Le guerrier acquies?at et acheva les cinq Séraphins. C’est là qu’il remarqua que les Séraphins avaient la bouche et le nez gelés et qu’ils toussaient tous des esquilles de glaces ensanglantées. ?a devait être les effets de cette brume. Pour la première fois, la magie de son compagnon d’infortune lui jetait un froid dans le dos.
- ? ?a doit être cette cellule. ? dit Elusco en pointant du doigt la cellule anciennement gardée.
Aldric essaya de l’ouvrir. Verrouillé, forcément. Le mercenaire recula de quelques pieds.
- ? Attends ! ? s’écria l’elfe.
Mais Aldric c’était déjà jeté sur la porte, l’épaule droite en avant, pour défoncer la porte. Il brisa les gonds de celle-ci. L’elfe soupira, l’erdoss le regarda en haussant les épaules et remarqua qu’il tenait un trousseau de clé qu’il avait ramassé sur un des gardes.
- ? On a gagné du temps… ? répondit le guerrier.
Une fois rentrés dans la cellule les deux aper?urent leur homme. Un ogre à la peau grise foncée, au nez large, aux yeux verts, ayant deux petites cornes sur son front, aux nombreuses cicatrices et aux canines inférieures proéminentes. Il avait des cheveux noirs et courts et il était grand et large d’épaule. Ses muscles étaient larges et taillés, mais moins que ceux du vulpin. Les blessures qu’il avait semblaient indiquer qu’il avait été battu, voire torturé. Elusco s’empressa de les refermer et de lui redonner des forces avec ses pouvoirs
.- ? Qui ? Qui êtes vous ? Vous n’êtes pas Aradémiens ? ?
- ? Non, nous sommes des prisonniers, tout comme vous, et nous nous sommes évadés. Aldric aide moi à le relever ?
Aldric s’empressa d’aider Elusco à remettre l’ogre sur pieds.
- ? Vous êtes bien Tyleke Vilingen ? Le paladin des Aurores ? ? demanda l’elfe.
- ? Oui… c’est bien moi et vous êtes ? ?
- ? Elusco Caitolugos, mage et élève de Grande-Roche ?
- ? Aldric Nibelstimme, mercenaire, j’étais affilié au Crocs-écarlates avant leur extermination. ?
- ? Bien, un mage et un mercenaire. Bon, vous avez un pl... attend ! Tu as dis Grande-Roche ?! ?
- ? On pourra en parler plus tard ? ? répondit Elusco.
- ? O-Oui, bien s?r, Petit-Soleil… ?
Elusco détourna le regard en rougissant. ? Elle leur a même parler de ce surnom… ? murmura t-il.
Aldric ne savait pas quoi penser de cet échange. Tyleke prit une épée sur un des Séraphins gisant au sol.
- ? Bon, je pense que les Aurores ont envoyé une équipe me secourir. Enfin j’espère. Tachons de venir à leur encontre. S’ils ont pu pénétrer dans la capitale, ils doivent s?rement avoir un moyen d’en sortir. ?
Le mage et le mercenaire acquiescèrent.
- ? Une dernière chose. Vous m’avez libéré au mépris du danger alors que vous étiez vous-même prisonnier. En voyant votre courage, je pense que vous ferez une merveilleuse addition aux Aurores. Même si vous serez à la fois le premier mage et le premier mercenaire à les rejoindre. ?
- ? J’entends ce mot, Aurore, prononcé en permanence. Qu’est-ce que c’est au juste les Aurores ? ? demanda Aldric.
- ? Nous sommes une troupe d’élite composé de sages et de combattants qui luttons contre les menaces qui ne sont pas gérables pour la plupart des gens et des armées : les morts-vivants, les monstres, les démons, les dragons, certaines fées et certains esprits quand ils sont pris de furie. Nous avons aussi pour objectif de sécuriser et de détruire les reliques et les artefacts jugés trop dangereux. Nous sommes entièrement indépendants et n’obéissons à aucun gouvernement. Notre quartier général se situe dans la cité de Gruvengard. La reine cro?t en notre cause et nous laisse agir à notre guise sans interférer. ?
- ? J’ai entendu dire que la Couronne de Gruvengard réquisitionne des mages pour les faire travailler à son service. J’accepte si vous me garantissez que je serais libre de mes mouvements et de mes actions vis-à-vis de Sa Majesté. ?
- ? Aucun problème la-dessus. Et toi grand gaillard... ? - ? Tant que j’ai une paye et que je peux me battre, ?a me va. ?
Le fait de savoir qu’il sera avec Elusco le rassure dans son choix. S’il peut le guérir en cas de besoin et faire ses trucs de mage, alors il n’a pas de raison de refuser. Après tout Elusco aussi aura besoin de sa force et de ses talents de combattant, enfin il l’espère...
- ? Aucun problème non plus. Cependant j’espère que tu finiras par adhérer à notre cause. ?
- ? On verra. ? répondit Aldric.
Ils progressèrent dans les couloirs, franchissant les nombreux escaliers, marches après marches, menant vers la surface.
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V
Ils avaient déjà gravi plusieurs rangées d’escaliers et ils se situaient désormais dans la caserne. Trois gardes approchèrent. Ils semblaient bien plus vigilants que ceux qu’ils avaient rencontré précédemment. Aldric se prépara à attaquer. Cependant Tyleke lui fit signe d’attendre, il semblait avoir reconnu quelque chose, ou quelqu’un.
- ? De quelle couleur sont les écailles de Zatriel Première ? ? dit-il
- ? Cela dépend de la boue dans laquelle on la tra?ne ? répondit une femme.
- ? Cecilie ! ? s’exclama Tyleke à demi-voix.
Il s’approcha des ? gardes ? et reconnu les deux autres. ? Jaspar ! Margred ! ?
Ils s’enlacèrent rapidement, soulagés de se retrouver.
- ? Tu n’as pas de blessures ? Tu as pu te guérir toi-même ? Mais attend, comment es-tu sorti de ta cellule ? ?
- ? Grace à l’aide de ces deux-là ! ? Il pointa du doigt Aldric et Elusco qui sortirent de leur cachette. ? Ils m’ont libéré et l’elfe m’a soigné de mes blessures. J’ai réussi à les convaincre de rejoindre les Aurores car ils ont fait preuve d’un grand courage et d’altruisme pour aller me secourir. Après tout, ils auraient bien pu me laisser là, à croupir dans ma cellule. Bon je vous les présente rapidement : Aldric Nibelstimme, mercenaire et Elusco Caitolugos, mage. Il est l’élève de Grande-Roche ? expliqua Tyleke.
- ? Un mercenaire, pourquoi pas ? Tant qu’il ne nous trahit pas contre de l’or et qu’il croit à notre cause. Au moins un peu. Mais tu nous as dégoté un mage ? Et l’élève de Grande-Roche qui plus est ? Il sera utile aux Aurores, je n’en doute pas, surtout si son éducation a été faite par elle. Par contre la Couronne et Sa Majesté risquent d’être pénibles à son égard. Ils vont s?rement vouloir le récupérer à des fins politiques. Enfin, on aura pas trop de problèmes si on leur agite sous le nez le traité de non-ingérence de la Couronne vis-à-vis des Aurores. ? expliqua la femme.
Elle retira son casque, révélant une chevelure brune, une peau bronzée, des oreilles pointues et horizontales et des yeux verts. C’était une elfe, comme Elusco
- ? Cecilie Friccen, salutations. ?
Les deux autres Aurores retirèrent leur casque. Deux humains. L’homme, Jaspar, était grand et costaud, mais moins qu’Aldric. Il avait des cheveux blonds coupés courts, le teint bronzé et les yeux ambrés. Il avait une balafre sur la joue droite. La femme, Margred, était chatain, les cheveux mi-longs en bataille, la peau plus claire que ses deux homologues et les yeux verts foncés.
- ? Allez les gars, on se bouge ! On va passer des ruelles qui nous mènerons tout droit au port. Un petit bateau marchand nous y attend. Margred, vas-y déguise-les. ? dit la elfe.
Le groupe se cacha pour ne pas être repérés et Margred sortit un médaillon de dessous son armure de garde représentant un cercle en fer avec neuf petits symboles colorés. Elle tint le médaillon et récita une courte prière.
- ? ? Naotz à la beauté étincelante, guide-nous dans les ombres de la nuit et fait nous part de ta ruse. Déguise mes compagnons pour leur permettre de rentrer sains et saufs, loin du danger. ?
La lumière autour du corps de Tyleke, Elusco, Aldric et Cecilie commen?a à onduler, laissant place à un mirage, une illusion. Les quatre concernés changèrent d’apparence : Elusco et Cecilie avaient des oreilles rondes et courtes, comme les humains. Aldric était devenu un humain blond et barbu, toujours avec la même carrure. Tyleke était devenu lui aussi un humain à la peau bronzée et aux cheveux noirs, ses cornes et ses canines proéminentes ayant disparu. Aldric, Elusco et Tyleke était revêtus d’une tenue de civil, braies, tunique et veste en tissu.
- ? Bien ? dit Cecilie ? Restez près de moi, Aldric, tu seras entourés par nous tous car l’illusion est la plus fragile de par le changement radical de morphologie. ?
Aldric acquies?at. Le groupe formèrent une ronde autour d’Aldric et ils sortirent de la caserne sans éveiller le moindre soup?on, car après tout, les Aradémiens étaient trop arrogants et s?r d’eux pour croire que des sous-Hommes pourraient s’enfuir de leur prison et faire usage de magie, chose très peu ma?trisé par ce royaume et ses élites.
Ils progressèrent à travers la ville, traversant les foules aux habits multicolores et passèrent près de la place centrale de la ville où ils purent voir avec dégo?t des ? sous-Hommes ? se faire exécuter publiquement pour prouver, selon les Aradémiens la supériorité de l’être humain face aux ? sauvages ? et aux ? races dégénérées ?. Aldric devina qu’il aurait fini lui aussi pendu comme ceux la place publique s’il ne s’était pas évadé.
- ? Ils seront tous vengés, vous avez ma parole et celle des Aurores.? dit Cecilie en regardant Aldric et Elusco.
Le groupe finit par arriver au port. Cecilie leur montra un bateau à voiles et à rames. C’était un petit navire marchand. Ils montèrent à bord et larguèrent les amarres. Le chaos du port en plein festival leur permit de partir de la cité par la mer sans être repéré. Le bateau avait assez de provisions pour eux six d’après Jaspar.
VI
Le premier jour de voyage fut tranquille et reposant. Même s’ils pensaient tous aux innocents qui étaient exécutés à Brédoni au nom de la ? grandeur ? de l’humanité. Elusco finit par demander :
- ? Où allons-nous accoster ? ?
- ? Vers un village c?tier du nom de Brunthavn, des chevaux nous y attendent. Par contre, il n’y en a que quatre, nous n’avions pas prévu de ramener deux personnes de plus. Elusco, Aldric, ?a ne vous gène pas de marcher ? ? répondit Jaspar.
- ? Non, aucun problème. ? répondirent les deux concernés.
- ? Tiens, vu que nous n’arrivons que dans trois jours, on pourra parler un peu de nous, de notre parcours. Après tout, nous avons deux nouvelles têtes ! ? dit joyeusement Margred.
Le soir commen?ait à tomber, laissant place à un magnifique crépuscule où le soleil lui-même semblait se baigner dans l’océan. La terre se trouvait à la droite du bateau, à quelques encablures seulement.
Tyleke commen?a : il était un fils de forgeron dans la cité de Gruvengard. Il entendit parler de l’Ordre des Paladins installé dans le Grand Hospice de Gruvengard et il postula car il rêvait souvent de justice et qu’il passait son temps à aider ceux dans le besoin au sein de son quartier. Il fut accepté et il y apprit le maniement des armes. De part son profil prometteur, il fut recruté par les Aurores. Il fit de nombreuses missions et il fut même récompensé avec des pouvoirs par les Dieux pour sa bonté, son courage et sa vertu. Tyleke montra ses pouvoirs à Elusco et Aldirc : il ouvrit la main et une orbe de lumière apparue. Il raconta qu’il avait été capturé lors de l’exploration d’une ruine où se trouvait un artefact dangereux. Il était en mission avec Cecilie quand les Aradémiens leur sont tombés dessus. Cecilie avait pu s’enfuir avec l’artefact mais il avait été capturé.
- ? Ces pouvoirs me servent principalement pour guérir, pour protéger les autres ou pour pourfendre mes ennemis. Cependant, mes pouvoirs sont bien moins puissants et bien plus limités que ceux de Margred et d’Elusco. ?
Jaspar continua : il était un fils d’ouvriers agricoles qui travaillaient près de Gruvengard. Il était fils unique et ses deux parents moururent quand il était adolescent. Un jour, un groupe d’Aurore passa dans le village. Ils l’avaient tellement impressionné qu’il avait décidé de les rejoindre. Il rejoignit la cité de Gruvengard et il s’enr?la au sein des Aurores.
Margred poursuivi : elle était une fille de marchands qui habitaient à Néméto. Elle rejoignit bien assez t?t le temple principal de par sa soif de connaissance et son envie d’aider les autres. Elle y travailla en temps qu’aide soignante et elle y apprit l’herboristerie et la médecine. Un jour, elle découvrit que les Neufs, les dieux priés à Néméto et à Gruvengard, lui avait conféré des pouvoirs. Les prêtres lui apprirent à les ma?triser et lui conseillèrent de rejoindre les Aurores, à Gruvengard. Ainsi elle pourrait y aider le plus de personnes possible et elle pourrait mettre en valeur son don divin. Elle partit donc à Gruvengard et y rejoignit les Aurores. Elle ajouta :
- ? Même si mes pouvoirs sont grands, ils sont quand même plus limités et restreints que les tiens, Elusco. En effet, tu ne dépends d’aucune divinité pour les utiliser. Comme le souhaitait Dame Iphrine en te conférant le Don de l’arcane à la naissance. ?
Voyant que c’était son tour, Cecilie soupira et se présenta : elle venait d’un village elfique dans la forêt de Dunkelholt. Elle y grandit sans trop de problèmes. Elle apprit l’existence des Aurores par l’intermédiaire d’un esprit de la forêt, qui l’invita à les rejoindre, disant que c’était sa ? destinée ?. Tenant cet esprit en très haute estime, elle l’écouta et partit pour Gruvengard. Elle rejoignit les Aurores une fois arrivée dans la cité. Elle rajouta :
- ? On vous donne peut-être l’impression que n’importe qui peut rejoindre les Aurores, mais nous sommes en réalité moins d’une centaine. Et il y en a une partie qui ne combat pas et qui ne part pas en mission. ? dit l’elfe. ? Et toi Aldric, d’où viens-tu ? ?
Aldric leur raconta sa naissance en tant que fils unique au sein des Crocs-écarlates, son enfance et son adolescence rythmées par les entra?nements et l’entretien des équipements de ses parents. Ses premiers combats, alors qu’il n’était agé que de seize hivers, ce qui surpris ses auditeurs, les victoires, les défaites et les pertes des membres du clan, ses amis, Detlev, Loreley et Hartwin, les moments chaleureux passés avec ses parents, qui vieillissaient et leur mort… Tout comme la mort de ses amis, la mort du clan tout entier. Il sentit un vide dans sa poitrine et il se rendit compte qu’ils lui manquaient horriblement. Il ne put s’empêcher de verser quelques larmes, lui qui était normalement impassible devant la mort. Elusco lui tapota dans le dos, ils ne se connaissaient que depuis une journée, mais un lien, un début de lien, s’était tout de même formé. Il finit par raconter comment il avait été capturé par les Aradémiens.
- ? Et toi Elusco, d’où viens-tu ? ? dis Aldric, de sa voix grave encore tremblotante.
- ? Moi… Je viens d’un petit village elfique, caché du reste du monde. J’y ai grandit et quand mes ‘’parents’’ découvrir que j’avais le Don, ?a… s’est mal passé. ?
Tout le monde l’écoutait, inquiet de la suite.
- ? Ils ont découvert mon Don en même temps qu’une mauvaise récolte et les villageois m’ont accusé, disant que c’était de ma faute et que j’étais un mal à éradiquer. Un ‘’défi’’ envoyé par leurs dieux ?. La voix d’Elusco devint de plus en plus froide et monotone. ? Les villageois, après m’avoir bien battu, décidèrent que je devais être sacrifié et mes ‘’parents’’ était de tout c?ur avec eux. Alors qu’ils étaient sur le point de me tuer, une voyageuse, une géante, déclara qu’elle pourrait m’emmener loin du village pour que je ne ‘’cause’’ plus d’ennuis. Et vous savez quoi ? Mes parents, ces batards, lui ont imposé un prix, cinq cents putains de pièces d’or. Ils voulaient me tuer, et maintenant ils me vendaient pour de l’or. La voyageuse accepta. Elle leur offrit leur or et m’emmena loin de ces déchets. Cette voyageuse s’appelait Adnama Uedryatrix, c’était une dosque... ? Elusco regarda Aldric ? ...une elfe à la peau grise. Elle était une géante, grande d’une tête de plus que toi, Aldric et elle avait des muscles aussi gros que les tiens. Et elle… elle était, non, est la personne la plus gentille que je n’ai jamais connu. ? la voix d’Elusco semblait de plus en plus calme et douce et il se mit à sourire.
- ? Elle était pareille que moi, une mage, et elle m’apprit à bien me servir de mon Don. Elle m’apprit la médecine, la cuisine, l’alchimie, l’herboristerie et elle m’apprit aussi à lire et à écrire. ? Il regarda Aldric. ? Tu sais lire ou écrire Aldric ? ?. Il secoua négativement la tête, répondant ? non ?. ? Je pourrais t’apprendre si tu veux ? dit-il.
- ? Pourquoi pas ? dit Aldric en ricanant, son c?ur commen?ait à devenir plus léger.
- ? Dès mon dix-neuvième printemps, je décidais de partir explorer le monde, aidant ceux sur son chemin. Je finis par tomber dans un piège des Séraphins, qui avait entendu parler de mes miracles car je me trouvais sans le savoir en territoire Aradémien. Et la suite vous la connaissez. ?
- ? Comment Grande-Roche, je veux dire Adnama, savait que tu allais mourir et où te trouver ? ? demanda Margred.
- ? Iphrine en personne lui avait dit, selon elle. ? répondit Elusco.
Les Aurores ne semblait pas surpris.
- ? Je peux vous poser quelques questions ? ? demanda Aldric en s’adressant à la fois à Elusco et aux Aurores.
- ? Qui est… Iphrine ? ?
- ? C’est la première des Neufs, la divinité de la magie et du temps. Elle était mortelle jadis. Avant son départ dans le Monde Divin, elle bénie les terres où nous vivons, permettant en de très rares occasions l’apparition des mages. ? répondit Margred.
- ? D’accord et pourquoi l’apparition des mages est si rare ? ? demanda Aldric à Elusco.
Celui-ci haussa les épaules.
- ? Personne ne sait ? répondit le mage.
C’était la deuxième et dernière question d’Aldric. Après quoi ils allèrent se coucher.
Les deux prochains jours passèrent sans problèmes, ils discutèrent ensemble et une camaraderie apparut entre les Aurores et les deux autres passagers. Cependant, Elusco remarqua que les mains de Tyleke tremblaient. Elusco, hésitant, lui demanda :
- ? Dis moi si je me trompe Tyleke, mais tu as été… torturé par les Aramédiens. Je sais que ce genre d’évènement peut laisser des marques, même au plus brave. En temps que mage, j’ai le moyen de faire dispara?tre les douleurs fant?mes, les images et la peur qui persistent après la torture. Veux-tu que je t’aide, Tyleke ? ? demanda Elusco, inquiet pour l’Aurore.
- ? J-Je- non ne t’en fait p... ? il soupira, ? oui s’il te pla?t. ?
- ? Assis-toi en face de moi s’il-te-pla?t ? dit Elusco.
Tyleke s’assit.
- ? Donne moi ta main droite. ?
Tyleke lui tendit la main droite et Elusco la prit.
- ? Approche ton visage s’il-te-pla?t ? Tyleke obéit.
Elusco mit sa main droite contre la joue gauche de Tyleke. Elusco ferma les yeux et Tyleke fit de même. Rapidement les images de ses tortionnaires, les douleurs fant?mes et la peur arrivèrent. Mais la chaleur qui émanait des mains d’Elusco était comme rassurante, réconfortante. La chaleur de ses mains augmentait en même temps que les séquelles de la torture faiblirent et d’un coup, elles disparurent entièrement. Tyleke était parfaitement calme et rouvrit les yeux. Elusco fit de même.
- ? Voilà ? dit Elusco chaleureusement.
- ? Je… merci. Tu serais vraiment un atout pour les Aurores. ?
Elusco sourit.
- ? Je ferais de mon mieux. ?
Cecilie s’approcha d’eux et leur dit :
- ? On est arrivé à Brunthavn, on est sur le point d’accoster. ?
Tyleke et Elusco se levèrent et rejoignirent le reste du groupe. Après trois jours sur l’océan, enfin la terre ferme.
VII
Ils accostèrent au village de Brunthavn. Le quai était en bois et les batissent avaient des murs en torchis, des bases en pierres blanches et des toits triangulaires en chaume. Les villageois, des humains, accueillirent les Aurores. Ils furent cependant surpris par la présence des deux autres individus, que les Aurores présentèrent comme des nouvelles recrues, ce qu’Aldric et Elusco ne démentirent pas. Les villageois, qui respectaient les Aurores, leur montrèrent leurs montures, qui les attendaient. Quatre chevaux. Les Aurores les montèrent et Tyleke demanda cependant à Elusco s’il ne voulait pas la sienne, de monture, de par sa carrure svelte. Mais celui-ci refusa, disant qu’un peu de marche lui ferait du bien. Ils marchèrent pendant quinze jours, prenant des pauses régulièrement et campant dans la nature. Aldric discuta armement avec Jaspar et Tyleke et Elusco discuta arcane et magie avec Margred et Cecilie, qui étaient curieuses du point de vue d’un mage sur ces sujets. Une amitié se forma entre Elusco et Aldric au fil du voyage.
Ils finirent par apercevoir les murs de cité de Grunvengard. Ils pénétrèrent dans les faubourgs et Elusco remarqua qu’ils étaient bien entretenus. La population ne semblait manquer de rien ou vivre dans la précarité, ce qui était exceptionnel par rapport à la plupart des cités qu’Elusco et Aldric ont visité. Les Aurores déposèrent leur chevaux à une écurie et guidèrent les deux évadés vers leur quartier général. Ils passèrent par une grande porte gardée. Les murailles étaient hautes et épaisses. Les batissent à l’intérieur de la cité avaient des murs en pierres blanches et des toits en chaume. Il y avait des peintures sur le long des murs de certaines batisses. Le groupe finit par s’arrêter devant un batiment en pierres grises et robustes. Des bannières représentant un ensemble de cercles de couleurs différentes, empilés au centre de la bannière. Ils entrèrent dans le batiment. Elusco et Aldric y virent une grande salle commune où se trouvait plusieurs dizaines d’Aurores. Ils se levèrent vite pour se diriger vers le groupe quand ils virent l’escouade de Cecilie avec Tyleke, sains et saufs. Celui-ci les rassura et il présenta aux Aurores présents Elusco et Aldric, en faisant part de sa volonté de les voir intégrés aux Aurores. Le fait qu’Aldric était un mercenaire et qu’Elusco était un mage laissa un silence dans la salle.
- ? ?a ne serait pas la première fois qu’une personne, ne croyant pas entièrement à la cause des Aurores à son arrivée, développe un amour pour la cause après, n’est-ce pas ? Et pour le mage, je me chargerait personnellement de la Couronne. ? dit un nain à la barbe imposante. Il avait une longue barbe brune foncée coiffée de tresses, des cheveux longs bruns, le teint clair, les yeux marrons, le corps trapu et une épaisse moustache. Il était habillé d’une tunique bleue et de braies sombres.
- ? Je m’appelle Hennek Sunherr, Haut Commandeur des Aurores. Si Tyleke et Cecilie soutiennent votre candidature, alors je la soutiendrais aussi. Bienvenus dans les Aurores. Nous vous enverrons normalement en mission demain, voyez ceci comme une épreuve pour votre intégration. Profitez-en d’ici là pour vous reposer. ?
Il s’approcha d’Elusco et lui dit :
- ? Je me chargerais de faire taire les ardeurs de la Couronne gruvengardienne et de Sa Majesté. Ne t’en fait pas, petit. ? lui dit t-il.
- ? Aller ! Au repos, les jeunes ! Et toi aussi Tyleke, tu en as grandement besoin ! ?
Tout le monde partit à ses occupations et Tyleke emmena les deux nouvelles recrus vers les dortoirs. Leurs lits se trouvaient c?te à c?te. Il leur expliqua qu’ils auraient le droit à de l’équipement de voyage et de l’armement neuf.
à partir de ce jour, tout serait différent pour eux, marquant le début de leurs péripéties communes.

