Garlan était assis en tailleur au centre du cercle de pierres, les mains posées sur les genoux, le regard tourné vers l'intérieur.
Le vent lui caressait la peau, chaude et presque vivante.
Il essayait. Encore.
Laisser circuler son pouvoir.
Sentir l'énergie draconique monter en lui.
Emplir chaque fibre, chaque os.
Mais quelque chose l'en bloquait.
Il respira plus profondément, ferma les yeux, cherchant un point d'équilibre. Un point de départ.
Le feu s'éveilla en lui, mais il ne parvenait pas à le contr?ler.
Il le sentait, tapi au plus profond de lui-même, présent… mais hors de portée.
Il entra en méditation.
Sa respiration ralentit.
Les bruits du monde s'estompèrent.
Dans cette obscurité silencieuse, il a touché une autre réalité.
Des souvenirs, ou plut?t des images floues, commencèrent à émerger.
La silhouette d'un homme. Grand, fort, paisible. Un humain. Son père ?
Puis une autre présence. Immense. Majestueuse.
Une dragonne aux écailles flamboyantes et aux yeux qui retenaient les étoiles.
Sa mère. Fille d'Ignir. Descendante d'un roi.
Il les vit s'approcher l'un de l'autre.
Cherchant. Trouvant.
Se fondant dans la lumière.
Mais lorsqu’il essayait de voir leurs visages, de saisir leurs traits, tout se brisait.
Une douleur fulgurante frappa comme la foudre.
Un rejet violent.
Garlan hurla en silence, immobile.
Son corps tremblait et il ouvrit brusquement les yeux, haletant, trempé de sueur.
Emmut, perchée sur une pierre voisine, l'observait sans un mot.
Elle cligna lentement des yeux, puis dit d'une voix douce :
? Tu es enfermé. ?
Garlan tourna la tête vers elle, épuisé.
? Il y a un sceau mental ?, dit-elle. ? Quelque chose – ou quelqu'un – a scellé ton accès à ton héritage. ?
Elle se leva.
? Et tant que tu ne comprendras pas ce sceau… tu ne te transformeras jamais complètement.
Tu n'es pas brisé, Garlan.
Tu es bridé. ?
Garlan resta allongé là un moment, le souffle court.
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? Alors… je dois briser le sceau ? ?
Emmut secoua la tête.
? Non. Il faut comprendre ses racines.
Si vous l'attaquez directement, il résistera.
Il pourrait même vous faire du mal. ?
? Alors, que dois-je faire ? Méditer davantage ? ?
? Non.
On vit avec.
On apprend à ressentir ce qu'il bloque.
à l'effleurer. à l'aborder sans forcer.
Ce n'est qu'alors qu'on comprendra comment le dépasser. ?
Et ainsi commen?a la semaine des épreuves.
Chaque jour, Emmut imposait un rythme exigeant, physique et magique.
Garlan devait canaliser ses flammes, les étirer en silence, les maintenir au bord de l'explosion.
Il apprit à se transformer sans colère.
à sentir son corps et son mana vibrer… sans exploser.
Et chaque nuit, il méditait.
Il observait le sceau.
Il sentait son passé battre juste derrière lui.
Et chaque nuit, il allait un peu plus loin.
Le septième jour arriva.
La dryade revint dans un souffle de feuilles, tout aussi silencieuse que lorsqu'elle était partie.
Marenna attendait.
Elle n'était plus la même.
Son regard était plus profond.
Son aura plus enracinée.
En elle, elle avait commencé à fa?onner une forêt personnelle.
Un refuge. Une arme. Un foyer.
? Bravo ?, dit simplement la dryade.
? Tu as commencé à développer ta propre magie. ?
Garlan, lui aussi, avait progressé.
Lentement. Douloureusement.
Il ne voyait toujours pas son père ; son image restait floue, inaccessible.
Mais sa mère…
Chaque nuit, son image se précisait.
Tel un phare dans le brouillard.
Et entre eux, Brenuss s'assurait que leurs rythmes restaient alignés.
La dryade et Emmut échangèrent un bref regard – quelque chose de silencieux, un accord scellé sans mots.
? Essayez de transférer votre mana l'un à l'autre ?, dit la dryade.
? Fluidement. Sans domination. ?
Marenna et Garlan se regardèrent dans les yeux.
Ils se rapprochèrent, leurs paumes se touchant à peine.
Garlan concentra son flux, le guidant doucement vers elle.
Une pulsation chaude, douce, contr?lée.
Marenna essaya de faire la même chose… mais rien ne vint.
Ou plut?t, tout se figea.
Elle fron?a les sourcils et essaya à nouveau.
Mais son mana végétal se recroquevilla en elle, timide, renfermée.
? C’est… ridicule ?, marmonna-t-elle, frustrée.
? Non ?, murmura la dryade en s'approchant.
? C'est normal. Tu as appris à fa?onner ton propre monde.
Maintenant, tu dois apprendre à le fusionner avec un autre. ?

