Le convoi atteignit enfin la rive est du Grand Lac Azuris en fin d'après-midi.
Les eaux calmes miroitaient sous les derniers rayons du soleil, et les rires et les cris des étudiants résonnaient déjà dans l'air chaud.
Un campement provisoire fut rapidement installé : tentes magiques, pavillons d'étude, aires de repos ; tout avait été soigneusement préparé.
Les enseignants, plus détendus que d'habitude, ont expliqué que cette ? retraite nature ? ??durerait au moins une semaine.
Objectifs : récupération mentale, étude des écosystèmes locaux, méditation et entra?nement à la canalisation du mana en milieu naturel.
Très vite, les élèves se dispersèrent : certains se baignèrent prudemment, d’autres explorèrent le rivage ou firent la sieste sous des fougères géantes.
Julius tenta de pêcher avec un sort d’illusion et finit trempé, poursuivi par un poisson à trois yeux furieux.
élo?se, carnet à la main, nota soigneusement chaque plante qu’elle croisa, accompagnée de Marenna, amusée.
Pendant ce temps, Garlan restait seul.
Avec l'aide de Julius et de Marenna, il avait caché Brenuss dans un creux naturel de la forêt voisine, bien à l'abri des regards.
Le nouveau-né, inhabituellement silencieux, semblait agité à l'intérieur.
Il ne jouait plus, ne crachait plus de feu.
Il restait assis là, à contempler le lac.
Et Garlan pouvait ressentir cette agitation.
Depuis qu'ils avaient franchi la crête surplombant Azuris, une étrange résonance grandissait en lui.
Un pouls sourd, comme un battement de c?ur résonnant au loin.
Par moments, il croyait entendre un chant profond et ancien vibrer dans sa poitrine.
Le lien entre lui et Brenuss avait changé.
Il semblait plus profond. Plus ancien.
Et dans l'eau, parfois, le reflet de l'arbre central semblait… se déplacer.
Pas comme un reflet,
mais comme quelque chose qui nous regarde.
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Le sol tremblait à peine.
L'eau ne bougeait pas plus qu'un souffle de vent.
Et pourtant, quelque chose montait.
Une tension. Une force – brute, primitive, ancienne.
Puis, sans le moindre avertissement, le centre du lac explosa dans une colonne d'écume et de lumière.
Un jet d'eau jaillit haut dans le ciel, et de l'intérieur, une immense silhouette émergea.
Le silence tomba comme une lame.
Elle était à couper le souffle. Terrifiante.
Un corps serpentin couvert d'écailles bleuatres striées de reflets argentés et verts.
Une crinière liquide coulait derrière sa tête étroite, telle une algue vivante.
Ses yeux, immenses, brillaient d'une lumière blanche per?ante.
Des griffes brillantes ornaient ses membres antérieurs, et ses longues moustaches frémissaient dans l'air comme des antennes.
Emmut, ancienne dragonne de l'eau, a déchiré le ciel avec son rugissement.
Un cri profond et guttural figea tout le camp.
Même les oiseaux se turent.
Puis elle lan?a ses bras vers le rivage.
Un cercle d'eau se forma instantanément autour d'elle, se resserrant en spirale avant de jaillir en avant.
Une vague d'eau vive et de pression magique brute s'écrasa contre les défenses.
Les barrières volèrent en éclats.
Des soldats furent projetés au sol.
Les étudiants hurlèrent de panique.
Julius cria : ? RETRAITE ! ?
Le camp fut déserté en moins de trente secondes.
Seules trois silhouettes restaient debout sur le rivage :
Garlan,
Marenna
et Brenuss, immobiles, mais alertes.
Emmut planait au-dessus des eaux, colossale, chaque mouvement rayonnant d'une grace mortelle.
Elle grogna en direction de Garlan, les yeux plissés.
Ce qu'elle vit… était un autre dragon.
D'une autre race.
Un envahisseur.

